Archives de l’auteur : Sabine Kalthoff

À la rencontre d’une étudiante internationale avec des conséquences profondes

Je m’appelle Masha et je suis encore étudiante. Mon père n’est pas croyant ; il travaillait pour les services de sécurité de l’État jusqu’à sa retraite. Ma mère était chrétienne mais elle est décédée quand j’avais neuf ans. Je connaissais la vérité depuis mon enfance mais elle ne m’inspirait pas. Je ne m’intéressais pas vraiment à la vie après la mort, au créateur de ce monde et autres questions profondes. Même si je savais que Dieu existait, je n’avais aucun désir d’être en relation avec lui. Puis, après un camp d’été chrétien, à l’âge de 19 ans, j’ai commencé à fréquenter l’église et six mois plus tard, j’ai accepté Jésus.

Je me suis impliquée dans le ministère parmi les étudiants internationaux. J’ai vu qu’il existait un grand besoin de servir ces étudiants qui souffrent de solitude parce qu’ils sont loin de leur famille et de leur foyer. Parmi eux se trouvait Katia (nom changé), une fille originaire de l’un des pays les plus fermés de l’Asie centrale. Elle venait d’un arrière-plan traditionnel orthodoxe mais avait très peu de connaissances sur Dieu et sur la Bible. Elle a commencé à fréquenter l’église à cause d’une amie qui y allait. Après deux mois, elle a cessé ses visites.

J’ai décidé de faire le premier pas et de lui proposer de se rencontrer. Elle a refusé plusieurs fois, disant qu’elle était trop occupée par ses études. Elle a fini par trouver un jour de disponible et nous avons passé du temps ensemble. Nous avons bien discuté. J’ai partagé mon histoire et je lui ai proposé de lire la Bible ensemble. (Au début de ma vie chrétienne, quelqu’un avait aussi lu la Bible avec moi.) Je n’avais jamais encore invité quelqu’un à lire la Bible avec moi. J’avais un peu peur car je n’avais aucune idée de comment conduire une étude biblique. J’étais très contente quand elle a accepté et nous avons commencé à nous rencontrer chaque semaine. Pendant nos réunions, elle posait beaucoup de questions sur le christianisme et l’Évangile. Sa stratégie était de parler peu et de poser beaucoup de questions. Mais ça me plaisait ! Et j’étais très encouragée quand elle a commencé à revenir à l’église.

Pendant le forum international pour étudiants que nous avons organisé, Katia a entendu beaucoup de choses sur Jésus et son amour. Elle a aussi fait trois rêves dans lesquels elle essayait de s’échapper du diable et Jésus la sauvait. Suite à ce forum, elle a accepté Jésus. Elle vient maintenant à l’église et aux réunions pour étudiants internationaux et nous continuons évidemment notre étude biblique personnelle. C’est émouvant de voir combien elle a grandi dans sa vie spirituelle. Elle s’est fait baptisée en mai. Elle a dit : « Je ne crois pas que ce soit un hasard que Dieu m’ait amenée dans ce pays ! »

Masha, étudiante en linguistique en Eurasie

Des messagers d’espérance – L’université dans l’histoire de Dieu

Le thème de l’Assemblée mondiale fut développé dans une série d’exposés bibliques basés sur Luc et les Actes. Le passage suivant est un extrait de l’un de ces exposés. Vous pouvez l’écouter dans son intégralité ainsi que les autres exposés bibliques de l’Assemblée mondiale sur https://ifesworld.org/fr/assembleemondiale/.

Veuillez lire Actes 1:1-11 avant de continuer la lecture de cet article.
Dans son exposé sur Actes 1, Janna Louie d’InterVarsity/USA nous invite à avoir une espérance plus profonde, une espérance qui apporte un sens et de la perspective à notre vie et à notre monde brisé.

Jésus redéfinit la puissance pour les apôtres. Non seulement l’Esprit de Dieu se manifestera-t-il à travers ce que le monde estime être faible mais l’Esprit est donné à un peuple brisé et vulnérable. Par cette redéfinition, Dieu approfondit leur espérance. L’Esprit de Dieu n’est pas auto-protecteur. L’Esprit de Dieu n’est pas nationaliste. Au contraire, l’Esprit fait grandir leur espoir de ce qui est possible.

Les apôtres s’attendaient à ce que le Roi Jésus restaure le royaume d’Israël mais la restauration sera plus grande que ce qu’ils espéraient pour Israël. Au lieu de se voir simplement comme des victimes qui ont besoin de justice, ce sont des témoins qui témoignent de la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Dans la perspective qui leur est accordée, ils ne sont plus les opprimés : au contraire, ils portent le témoignage de Jésus au-delà des frontières et des limites forgées par l’empire. Les murs érigés par des superpuissances ne peuvent plus les retenir : ils rejoignent désormais l’Esprit de Dieu pour traverser les murs construits par les hommes. Leur témoignage ne sera pas confiné à Jérusalem uniquement mais sera entendu par tous ceux qui se trouvent en Judée, en Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. Par cette déclaration, Jésus approfondit leur vision de la restauration du royaume d’Israël. Le témoignage de Jésus ne sera pas confiné uniquement aux Juifs mais sera manifesté à travers eux envers les non-Juifs. Leur espérance s’étend au-delà de leur communauté pour inclure les non-Juifs – et même l’oppresseur. L’espoir d’être libéré de l’oppression n’est pas suffisant. À la place, Jésus invite une communauté vulnérable à être l’intendant de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, même envers ceux qui les rendent vulnérables.
[…]
La puissance du Saint-Esprit est d’abord une invitation à voir Jésus ressuscité là où nous vivons. À voir notre patrie avec les yeux de Jésus. À être des témoins de l’espérance de Jésus là où nous sommes le plus vulnérables. La puissance de l’Esprit est la puissance qui nous permet de persister dans les lieux qui nous font souffrir. Le commandement de recevoir la puissance de l’Esprit n’est pas une solution facile. C’est une puissance qui se refuse de conquérir et de dominer mais qui persévère à travers la souffrance. Pour toucher et guérir. Pour pleurer et faire le deuil. Pour attendre avec espérance. C’est la puissance de témoigner de la vie de Jésus là même où nous vivons. […] La puissance du Saint-Esprit invite un peuple vulnérable à transformer le monde autour d’eux.

Vous pouvez écouter l’exposé en son intégralité ici.

Signets d’étude biblique pour les différents genres littéraires de la Bible

Dans beaucoup de groupes d’études bibliques, les choses se passent ainsi : une fois rassemblés, on lit un passage de la Bible. Après un court moment de silence, une personne aborde son sujet préféré vaguement en lien avec le texte. Cela pourrait être la prédestination, le baptême ou la politique internationale. Tous ces sujets sont importants mais on y perd l’objectif de la réunion : de partager autour d’un passage biblique et laisser Dieu nous parler.

Lors de l’Assemblée mondiale de l’IFES 2015 au Mexique, j’ai découvert le signet d’étude biblique produit par InterVarsity/USA qui sert de guide pour une étude biblique inductive. De retour en Allemagne, je l’ai traduit pour notre contexte. C’était excellent : les étudiants se concentraient plus et utilisaient la direction du signet pour mieux creuser le texte.

Tant que nous lisions les Évangiles, ce signet nous servait bien. Pourtant, lorsque nous étudions d’autres types de textes bibliques, tels que la littérature prophétique, poétique ou apocalyptique, il s’avérait plus difficile d’utiliser le signet. Par exemple, nous avions du mal à lire la loi de l’Ancien Testament de la même manière que nous lisions les Évangiles car nous ne pouvions pas simplement appliquer la loi à notre propre vie. Quelques étudiants ont demandé : « Pourquoi devrais-je suivre Jésus et non toute la loi de l’Ancien Testament ? Les deux se trouvent dans la Bible et viennent de Dieu… Et que faire des Psaumes qui parlent de vengeance ? Le Christ ne nous enseigne-t-il pas à aimer notre ennemi ? »

Nous avons compris qu’il nous fallait différentes questions pour les différents genres littéraires des Écritures. Quand on lit des textes narratifs, on observe les actions et les paroles des différents personnages, l’évolution de l’histoire et l’œuvre de Dieu à travers le tout. Quand on lit des textes prophétiques, l’observation cherche plutôt à identifier les injustices sociales, morales ou religieuses qui y sont abordées. Les textes poétiques utilisent souvent des images pour transmettre leur message et il faut donc accorder une attention particulière à celles-ci. De même, quand il s’agit d’interprétation, les questions seront différentes selon le type de texte biblique.

Après un certain temps, nous avons développé des signets d’études bibliques pour chacun des sept genres : les récits, les épîtres, les passages prophétiques, les textes poétiques, la loi de l’Ancien Testament, les livres de sagesse et la littérature apocalyptique. Pour chaque genre, les questions proposées pour l’étude biblique correspondent aux caractéristiques théologiques et littéraires du type de texte. Vous les trouverez ici.

Markus Heide, le responsable du ministère étudiant SMD, nous parle de ces signets : « Je vois leur valeur quand ils aident les groupes étudiants à dénicher le trésor des Écritures au lieu de n’entendre que ce qu’ils savent déjà. Je vois leur valeur quand ils aident un chrétien lire la Bible avec un ami non-chrétien pour faire des découvertes ensemble, au lieu du chrétien qui expliquerait tout au non-chrétien. »

Fabian Mederacke, ancien membre du personnel régional de SMD Allemagne
fmederacke@gmx.de

Une étude biblique qui s’est beaucoup multipliée

En tant qu’étudiante, j’ai eu l’occasion de rejoindre un groupe d’étude biblique en plus de nos réunions hebdomadaires de FES. Nous nous retrouvions une fois par semaine pendant les semestres. Nous avions appelés le groupe « Les chirurgiens de la Bible » parce que nous voulions disséquer la Parole, la découvrir et appliquer ces découvertes à notre vie. Nous ne voulions pas simplement entendre les résultats de l’étude de quelqu’un d’autre mais interagir nous-mêmes avec les Écritures. Ces études m’ont enseignée à lire les passages de la Bible à travers les yeux de différentes personnes, avec différentes perspectives et différents points d’accès. Cela m’a été très précieux pour ma découverte de Dieu et de sa Parole.

Notre équipière FES, Annette Arulrajah, animait le groupe des chirurgiens de la Bible. Cette expérience m’a aussi enseignée à animer des études bibliques. En tant qu’étudiante, j’observais surtout comment Annette dirigeait. Ce n’était pas compliqué car elle expliquait pourquoi elle faisait certaines choses – même s’il lui fallait répéter à l’identique chaque semaine ! Nous avons ainsi étudié des livres de la Bible tout en apprenant comment mener des études. Grâce à Annette, j’ai appris que l’on pouvait diriger une étude biblique avec une personne ou avec cent. J’ai découvert que l’interaction avec la Parole pouvait être intéressante, participative et vivante. Je pense que la chose la plus importante que j’ai apprise était comment mener une étude biblique de telle façon à ce que les étudiants apprennent à étudier la Parole par eux-mêmes et soient équipés pour conduire une étude biblique avec d’autres.

Ce qui m’inspire à continuer de mener des études bibliques avec d’autres personnes est le désir de voir les étudiants découvrir pour eux-mêmes qui Dieu est, à travers Sa Parole. La Parole est vivante et nous parle encore : elle peut donc nous percer le cœur et nous ramener à Dieu – si nous lui laissons faire. J’ai souvent vu des étudiants tellement émus par la Parole qu’une porte s’ouvrait pour de profondes conversations et qu’ils prenaient de nouveaux pas de foi. Pour moi, quand j’accepte d’accompagner un étudiant, l’important c’est de me rappeler de le faire avec la Parole de Dieu et non mes propres mots.

Je mène des études bibliques et j’y forme d’autres personnes depuis onze ans. Je remercie le Seigneur que cela a permis à beaucoup d’autres étudiants de commencer à diriger des études bibliques à leur tour !

Beatrice Leong, beascuits@gmail.com
Équipière du FES Malaisie jusqu’en 2018

Transformée par le prophète qui pleure – Comment Dieu a changé ma façon de prier à travers le livre de Jérémie

(écrit par Paula, Eurasie)

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire l’histoire de mon cheminement avec le livre de Jérémie, je dois avouer avoir ressenti quelques hésitations… Cela voulait dire revisiter une période qui était pour moi une croissance douloureuse – même si la lutte était pour une bonne cause !

Le livre de Jérémie m’a accompagnée alors que j’essayais de faire du sens de mémoires familiales difficiles et de douleurs intergénérationnelles. L’appel et la vie de Jérémie était évidemment bien différents des miens mais l’histoire de Jérémie et plus particulièrement sa relation avec Dieu pendant plusieurs dizaines d’années, m’ont appelée à une connaissance plus profonde de la vie de disciple au fil de mes rencontres avec Dieu à travers ces « textes de désastre ».

Jérémie a reçu l’appel de prêcher à la nation rebelle d’Israël alors qu’il était encore jeune et faible. Il a enduré un ministère apparemment sans fruit, ainsi que la solitude, l’emprisonnement et la moquerie. Malgré tout ce que cela lui a couté personnellement, Jérémie a persévéré : dans sa relation avec Dieu, dans l’amour pour son peuple (même s’il s’en arrachait les cheveux !) et dans le service du Dieu de l’espoir même quand il lui était impossible de voir d’où viendrait le salut.

Comment parler à Dieu lorsque tout ce qui nous semble familier et nécessaire à la survie nous est arraché, démonté et révélé n’être que de la paille ? Quels mots trouver lorsqu’on s’enfonce dans le désespoir ?

Les descriptions poétiques que Jérémie donne de Dieu (par ex. 2:13, 2:32, 18:6, 50:44) et ses complaintes envers Dieu (ses « confessions » des chapitres 11 à 20), colorées, sans retenue, franches au point d’être choquantes étaient pour moi comme un ouvre-boîte qui m’exposait à ma propre douleur et me permettait d’apporter ma propre expérience à Dieu avec une honnêteté à vif et des mots que je n’avais jamais osé prier. Ma réserve britannique m’en avait retenue – ou peut-être était-ce que je n’avais pas vraiment voulu confronter ces luttes profondes que Dieu aime tant racheter ?

Il m’a fallu apprendre le langage de la lamentation – au-delà de la louange et de la pétition – afin d’avoir un dialogue avec Dieu dans la réalité même de la lutte et de la douleur. J’avais besoin d’être rassurée que le Dieu que je rencontre dans le livre de Jérémie – un Dieu solide qui n’est pas troublé par les poings levés par Son peuple – est le même Dieu qui transforme et amène l’espérance à Son peuple en Christ. J’ai commencé à demander à Dieu de se montrer à moi comme Celui qu’il disait être.

L’amertume de l’expérience de Jérémie avec son peuple et sa lutte avec Dieu, et non contre Lui, m’ont appris à pleurer les fautes du passé chez ma famille. J’ai pu faire le deuil de ce qui était perdu et me permettre de ressentir de la peine face à l’injustice, et ne plus permettre à l’ordre ancien de continuer, ne serait-ce que dans mon cœur. Le livre de Jérémie nous montre qu’en tant que croyants, nous invoquons un Dieu qui sait transformer le cœur des gens : le Dieu vivant peut faire naître la nouveauté du néant, la repentance de la rébellion, une bonne manière de vivre suite au regret.

Livres pour lectures complémentaires :
Walter Brueggemann, Hopeful Imagination: Prophetic Voices in Exile.
Eugene H. Peterson, Run with the Horses: The Quest for Life at Its Best.

Entrer dans l’histoire de Dieu

Nous avons besoin des Écritures dans leur entièreté pour notre marche avec Dieu. De brefs versets choisis peuvent bien être précieux et importants mais ces passages individuels ne peuvent remplacer une perspective générale. Dietrich Bonhoeffer nous invite très pertinemment à entrer dans l’histoire de Dieu et à le rencontrer dans toute la réalité de son interaction avec le monde – qui surpasse de loin nos vies individuelles.

Le texte suivant est tiré du livre de Bonhoeffer : De la vie communautaire. Dietrich Bonhoeffer est un théologien allemand du milieu du XXe siècle. Il a fondé un séminaire théologique basé sur la vie communautaire et il était fortement impliqué dans le mouvement de résistance aux Nazis.

C’est ainsi que la lecture suivie des livres de la Bible oblige tous ceux qui veulent entendre, à approcher le lieu où Dieu a accompli une fois pour toutes son action de salut en faveur des hommes, et à s’y laisser trouver par lui. C’est précisément quand on les lit dans le culte que les livres historiques de l’Ecriture prennent pour nous un aspect absolument nouveau. Nous y devenons participants des événements qui se sont déroulés autrefois pour notre salut, et nous oubliant nous-mêmes, nous entrons avec le peuple dans la Terre promise à travers la Mer rouge, le désert, le Jourdain ; avec Israël, nous tombons dans le doute et l’incrédulité, et nous sommes ramenés par le châtiment et la repentance au Dieu fidèle et secourable ; et ce ne sont pas là des rêveries, mais une sainte, une divine réalité. Nous sommes arrachés à notre propre existence et introduits en plein milieu de l’histoire que Dieu inscrit sur la terre. Son action pour nous a commencé là, et c’est là qu’elle se poursuit encore aujourd’hui, sa colère et sa grâce dominant nos détresses et nos péchés. L’important ce n’est pas que Dieu soit le spectateur compatissant de notre existence présente, mais que nous soyons les auditeurs attentifs et actifs de son action dans l’histoire sainte, dans l’histoire du Christ sur la terre […]
 
Un changement radical se produit alors. Nous comprenons en effet que Dieu n’a plus à démontrer son secours et sa présence dans notre vie, puisqu’il les a manifestés définitivement pour nous dans la vie de Jésus-Christ. En fait, il est plus important pour nous de savoir ce que Dieu a accompli en Israël et en son Fils Jésus-Christ, que de nous tourmenter à découvrir ce qu’il a en vue pour nous aujourd’hui. La mort de Jésus-Christ est plus importante que ma propre mort, et sa résurrection d’entre les morts est le seul fondement de mon espérance en ma propre résurrection au dernier jour. Notre salut est « en dehors de nous» (extra nos), je ne le trouve pas dans les événements de ma vie mais uniquement dans l’histoire de Jésus-Christ. Seul celui qui consent à se laisser trouver en Jésus-Christ, dans son incarnation, dans sa croix et dans sa résurrection, est en Dieu, et Dieu en lui.

Dietrich Bonhoeffer, De la Vie Communautaire. Traduit par Fernand Ryser. Neuchâtel : Delachaux & Niestlé S.A., 1947, 51-52.

Prier la Parole

Ceci n’est pas un article, c’est une invitation à prier…

Une invitation à la prière personnelle
C’est au cours d’une période de ma vie marquée par de nombreuses luttes, questions et incertitudes que les Psaumes 42 et 43 me sont devenus très précieux. Ces psaumes (étroitement liés par un refrain récurrent) m’ont aidée à prier à la fois mes questions et ma confiance.

Lisez les Psaumes 42 et 43 lentement et dans la prière.

Relisez le passage. Quels échos y trouvez-vous de votre vie ? Concentrez-vous sur ces versets-là. Laissez-les vous guider dans votre propre prière. Quelques exemples :

_v. 3 « J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant! » – un immense désir pour Dieu est un des fils conducteurs de ce psaume. Que cherchez-vous ? Avez-vous soif ? Comment pouvez-vous prier votre soif de Dieu ?

_v. 10 « je veux dire à Dieu, lui qui est mon rocher: «Pourquoi m’ignores-tu?» » – quelle profession de foi juste à côté d’une question difficile ! Le Psalmiste confesse que Dieu est son rocher, le fondement de sa vie. En même temps, il prie ses questions et crie sa douleur. Qui est Dieu pour vous ? Comment pouvez-vous prier la tension entre votre foi et vos questions ?

Et ainsi de suite… Vous pouvez conclure en écrivant un verset de cette prière qui résonne particulièrement en vous. Laissez ces paroles des Écritures devenir votre prière dans les semaines et mois qui viennent.

Une invitation à la prière communautaire
Récemment, l’équipe du programme de l’Assemblée mondiale 2019 s’est réunie pour continuer à planifier le congrès. L’un des passages des Écritures que nous étudierons lors de l’Assemblée mondiale est tiré d’Actes 4 : une prière prononcée par l’église primitive face aux menaces et à la pression. Martin Haizmann, le directeur du congrès, nous a conduits dans un temps de prière pour l’Assemblée mondiale de la manière décrite ci-dessous. C’était une expérience riche. Je vous invite à laisser cette prière vous mener dans un temps de prière communautaire pour le ministère parmi les étudiants dans votre contexte.

Lisez Actes 4.23-31 à haute voix. Laissez un temps de silence pour que chacun puisse relire le passage. Commencez ensuite un temps de prière communautaire inspirée par cette prière tirée des Écritures.

Relisez Actes 4.23-31. Après un temps de réflexion silencieuse, demandez à chacun de noter comment – en vue de cette prière biblique – il ou elle veut prier pour le ministère étudiant dans votre contexte particulier. Vous pouvez aussi mettre des affiches sur lesquelles écrire ces sujets de prière pour que chacun puisse les voir. Prenez un deuxième temps de prière communautaire dans lequel vous apportez ces sujets de prière à Dieu.

Prier la Parole. Ce n’est pas que les prières des Écritures, mais toute la Bible qui nous invite à prier. Alors que nous lisons et que nous étudions la Parole de Dieu, nous sommes invités à répondre dans la prière – à répondre en priant notre admiration et notre louange, nos questions, notre douleur, nos engagements, notre confession… La Parole de Dieu nous invite à une conversation honnête avec le Dieu vivant.

Sabine Kalthoff
Secrétaire de l’IFES pour l’Interaction avec les Écritures

Réflexions sur l’Interaction avec les Écritures dans la prière

« Heureux ceux qui gardent ses instructions, qui le cherchent de tout leur cœur » (Psaume 119:2 SG21). Les Écritures nous invitent à « chercher Dieu » et donc à prier – puisque c’est cela l’essence de la prière.

Il y a des années, il a été dit que nous devrions « Prier la Parole ». Cela me semblait logique d’être d’accord avec ce que Dieu a déjà dit au sujet de questions pour lesquelles je priais (mes choix, mes craintes, les finances etc.). Alors que je réfléchissais à l’évolution de la prière autour de moi, cette expression m’est revenue à l’esprit. De nombreuses personnes semblent avoir développé une nouvelle langue et une nouvelle posture de prière. Certains mots semblent plus puissants que d’autres et la prière se centre désormais sur le fait de marcher, de réclamer le territoire et de chasser le diable. Prier la Parole : un impératif ou une simple suggestion ?

Les chrétiens définissent souvent la prière comme la communication avec Dieu, ce qui sous-entend que non seulement nous parlons à Dieu mais que Dieu nous parle aussi. Il n’est donc pas surprenant que la Bible, en tant que la Parole de Dieu, est d’une grande importance pour cette communication.

Par l’étude des Écritures, nous devenons plus conscients de Dieu et pouvons lui répondre selon sa révélation. C’est à travers la Parole que nous apprenons à connaître Dieu et que nous pouvons lui répondre avec louange, amour et confiance. Alors que cette relation se développe, une amitié sincère se crée et nous découvrons de plus en plus le cœur de Celui à qui nous prions. Cela nous aide à prier avec confiance selon la volonté de Dieu. Alors que nous commençons à parler avec Dieu, nous pouvons entrer dans ses désirs pour nous et trouver plus clairement notre place dans son projet.

Alors que j’étais jeune adolescente et nouvelle chrétienne, je luttais avec cette question de ma place dans le projet de Dieu. Quand je priais, je demandais à Dieu quel don il m’avait donné. Je me souviens avoir dit que je ne faisais qu’aider : j’aidais avec l’école du dimanche, les activités sportives, les chants et d’autres domaines de la vie de l’église. C’était grâce à l’étude de la Bible que j’ai compris que c’était justement en aidant que j’utilisais mon don ! J’étais ravie. Depuis lors, j’ai souvent fait l’expérience de comment Dieu me donne de l’assurance en me guidant à certains passages des Écritures pendant mes temps de prière.

La Parole de Dieu peut façonner nos prières de différentes manières : en nous invitant à chercher Dieu, en approfondissant notre relation avec Dieu, en nous guidant dans le contenu de nos prières, en révélant le péché pour que nous puissions nous en débarrasser et ainsi dégager le canal de communication avec Dieu, en clarifiant nos pensées, en donnant une direction, en révélant la vérité…

Il ne fait aucun doute que l’interaction avec la Parole engendre la prière et que la prière nous incite à nous tourner vers les Écritures.

Cheryl Jessemy, ceejessemy@gmail.com
Équipière avec l’ISCF Grenade et coordinatrice pour la prière régionale dans la Caraïbe

« Je suis serviteur de la lumière qui ne s’éteint jamais. »

Le pèlerinage de David Bahena avec la Parole de Dieu

David BahenaJe suis devenu chrétien à 16 ans et cela a transformé ma vie : j’étais rempli de joie et avais soudain un but dans la vie. En même temps, j’avais faim de lire la Bible et j’ai alors commencé mon cheminement avec les Écritures.

À COMPA (IFES en Mexique), j’ai appris comment étudier, partager et contextualiser la Parole de Dieu. Je fais partie de la génération qui a grandi en lisant la Bible de manière inductive et en participant à des ateliers animés par Ada Lum. Samuel Escobar, dans « Así leo la Biblia », décrit cette approche ainsi : « apprendre à observer le texte avec clarté pour interpréter son message et l’appliquer à nos vies personnelles. » Puis est venu le temps de partager la Parole avec mes amis étudiants à l’université. C’était une grande joie que de les voir rencontrer Jésus dans ces petits groupes et être transformés par la Parole de Dieu. De plus, en raison de la réalité que nous vivions en Amérique latine, on nous a appris comment l’appliquer à notre contexte. La Bible est pertinente au monde académique et à la réalité sociale, politique et financière de notre pays.

Après avoir servi en tant qu’équipier étudiant, nous sommes passés par un temps de sécheresse et de renouveau spirituel. Le personnel devait préparer tant d’ateliers, de prédications et d’études bibliques que nous courrions le risque d’exploiter la Bible comme un simple outil. Nous lisions et étudions la Parole de Dieu mais sans plus en être passionnés. C’était à tel point qu’après avoir servi en tant que Secrétaire général pendant trois ans, j’ai confessé à Douglas Stewart que je n’avais plus envie de lire la Bible ou de prier et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi. Dieu a ouvert un nouveau chemin spirituel de renouveau centré sur sa Parole. Cette nouvelle approche envers les Écritures comprenait de la méditation, de la prière et des retraites. Pendant ce temps, j’ai appris comment prier avec la Parole de Dieu et dans l’Esprit et, peu à peu, j’étais transformé et renouvelé.

L’appel sur ma vie a aussi été formé par les Écritures. Pendant l’été de 2003, à Cedar Campus, alors que Dieu restaurait notre mariage, on nous a invités à cultiver une spiritualité humble, enracinée dans la Bible et dans la puissance du Saint-Esprit (Matthieu 12.18-21). Bien des années plus tard, Dieu a rétabli mon sentiment d’identité, m’a aidé à voir que j’étais bien plus qu’un membre du personnel et m’a invité chez lui pour cultiver une spiritualité qui a fait de moi un meilleur parent, ami et citoyen (Jean 4.46-54). L’année dernière à Pasadena, Dieu nous a renouvelés une fois de plus et nous a donné du repos ; l’invitation était alors de cultiver une spiritualité qui s’épanouit dans l’adversité et le désert (1 Pierre 1.3-5). Dieu nous appelle à travailler aux côtés d’une génération de leaders émergents, de faciliter des rencontres avec le Seigneur qui sont centrées sur la Bible, d’être des modèles de leadership humble et transparent et de persévérer, même dans l’adversité.

David Bahena
David Bahena sert l’IFES en tant que Secrétaire régional pour l’Amérique latine

« Avoir mes oreilles ouvertes »

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu!… » (Psaume 46.11)
« Que, le jour, l’Eternel me montre son amour: je passerai la nuit à chanter ses louanges… » (Psaume 42.8)

Entendre la Parole. Entendre ma vie. Entendre la petite voix tranquille de Dieu !

L’expérience d’une grande partie de la vie est celle d’une vie exigüe. De nombreuses expériences filent à toute vitesse – les gens que nous avons rencontrés, le ministère que nous faisons et la vie que nous vivons.

2017 était une année de ce genre pour moi… J’ai pris de nombreux vols pour me rendre dans les mouvements de ma région. J’ai donné de nombreux exposés bibliques et prédications. J’ai écouté de nombreuses personnes alors qu’elles traversaient des moments difficiles. J’ai connu 4 décès : celui de ma chère maman, celui de ma colocataire lorsque j’étais sur le campus et celui de 2 collègues d’Asie de l’Est. J’ai pris la charge de Secrétaire régionale de l’IFES pour l’Asie de l’Est.

Des vies exigües, des vies sans temps de réflexion commencent à laisser échapper l’impatience, la lassitude, la colère, l’amertume et la pitié de soi. Je ne pouvais arrêter aucune de ces expériences de vie et de ministère. Mais par souci d’équilibre, j’ai trouvé la petite voix tranquille de mon Seigneur m’appeler à …la solitude ! J’ai pu faire sept retraites spirituelles en 2017 (pour certaines, j’y étais à la fois intervenante et participante). Pour deux d’entre elles, la retraite a duré 3 jours ; pour quatre d’entre elles, ce n’était que 3 heures ; et pour l’une d’entre elles, cela a duré 4 jours.

Dans les retraites où j’étais intervenante, de courts passages des Écritures étaient donnés à méditer et à écouter [Psaume 42; 1 Corinthiens 4:7-16; Exode 19:1-6; Josué 3]. Dans une attitude d’attente avec ces passages…. L’espace que j’ai créé dans l’attente avec la Parole a commencé à me parler. J’« entendais » la Parole abreuver ma vie. J’ai commencé également à « entendre » ma vie – le deuil que j’avais accumulé, les questions qui se posaient. Le plus grand don était « l’écoute » de Dieu, qui m’avait accompagné tout du long. Il a commencé à marquer Ses promesses et Sa guérison de son empreinte.

Après chacune de ces retraites, j’en suis revenue avec une mission rafraîchie ! Un appel plus clair sur la manière de s’y prendre. Pour moi, ces temps de retraite n’étaient pas une option, mais une oasis où je peux boire en profondeur et créer l’espace pour la vie. Ainsi, je sais que pour moi, 2017 était une année à « l’école de l’adversité » et pourtant c’était l’année au cours de laquelle j’étais certaine « qu’Il m’avait porté comme sur des ailes d’aigle et qu’Il se réjouit à grands cris à mon sujet la nuit. »

Donc, comment est-ce que je m’y prends pour mes retraites ?

  • J’apporte mes problèmes/soucis/expériences de vie que je souhaite examiner.
  • Je demande au Seigneur de me guider vers un passage des Écritures pour m’accompagner.
  • Je répands mon cœur, et j’attends et j’écoute.
  • J’écoute Sa Parole, Sa voix et j’écoute ma vie. J’écoute quand je marche, quand je m’assoies, quand j’écoute la nature, les pensées ou les paroles qu’Il met dans mon cœur et dans mon esprit.
  • En écoutant, je réponds là où je suis. Conversations avec Dieu.
  • Tout cela va dans mon journal qui sert aussi en tant qu’outil de sauvegarde dans l’écoute !

Bonne retraite, chèr(e) ami(e) !

Annette Arulrajah
Secrétaire régionale pour l’Asie de l’Est