Invité à rejoindre la mission de Dieu

« Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. (…)
(…) Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »
Jean 17.18 ; 20.21

Ces deux courts versets ont changé ma vie. C’était lorsque je rejoignis le groupe étudiant de l’ABUB Brésil lors de ma première journée à l’université de São Paulo. Je venais de commencer des études d’ingénieur agricole.

J’étais déjà chrétien. En fait, j’avais eu le privilège de grandir dans une famille dont la foi m’avait donné un amour pour le Seigneur à travers les Écritures. Pendant toute mon enfance et mon adolescence, je me souviens bien de l’habitude de notre famille de lire la Bible et prier ensemble avant d’aller dormir. Mon père était pasteur pendant plus de cinquante ans ; dès que j’appris à lire, il me demandait de lire la Bible pendant les visites pastorales fréquentes qu’il rendait auprès de nombreuses familles.

Pourtant, le fait de me rendre à l’université dans une autre ville, loin de ma famille, alors que je n’avais que 17 ans, me confronta à de grands défis. C’est ainsi que le groupe d’étudiants de l’ABUB Brésil devint le lieu où ma foi grandissait et rejoignait la mission, surtout la mission de Dieu dans mon propre contexte. Avec mes frères et sœurs chrétiens, je grandissais dans l’amour de notre Seigneur.

Petit à petit, trois vérités clés commencèrent à pousser et prendre racine dans ma vie. En premier lieu, Dieu est à l’origine de la mission ; c’est d’abord sa mission et nous avons le grand privilège de pouvoir y participer. Cela me toucha profondément de comprendre que ce fut d’abord Jésus qui fut envoyé dans le monde, et puis il nous envoya en nous donnant sa propre mission comme modèle. Deuxièmement, afin de comprendre ce que Dieu nous veut, il nous faut faire une rencontre personnelle et salvatrice plus profonde avec Jésus à travers les Écritures. Troisièmement, l’obéissance à l’appel de Dieu signifie être envoyés par lui pour interagir complètement avec le monde autour de nous, dans notre propre contexte, avec les gens et les défis que nous rencontrons dans notre réalité.

Dieu est le centre et à l’origine de la mission. Jésus est à la fois notre Sauveur et notre paradigme pour la mission : il a démontré une mission qui interagit profondément avec les gens et le contexte qui nous entourent. Ces petites leçons pourtant profondes ont formé une partie importante de ma vie et de mon obéissance dans la mission à travers ces années.

Ricardo Borges, Ricardo.Borges(at)ifesworld.org,
Secrétaire adjoint pour l’Interaction avec les Écritures.

Interaction avec les écritures : Une pépinière de formateurs

Pendant les dernières trois années, j’ai participé à une formation continue sur l’interaction avec les Ecritures. L’idée de cette formation était d’investir sur des personnes jeunes qui pourront à leur tour investir sur d’autres à long terme. Le but n’était pas de mettre en place un programme particulier pour l’interaction avec les Ecritures mais de former des hommes et femmes pour qu’ils traduisent ce qu’ils ont appris dans leurs contextes.

Nous étions dix personnes venant de différents pays de l’Afrique francophone à participer à cette formation. La formation s’est déroulée en trois sessions entre 2015 et 2017 respectivement au Togo, en Guinée Conakry et au Mali ; ces sessions ont fondamentalement permis de saisir la notion de l’interaction avec les Ecritures et d’améliorer nos approches de la Bible. Entre les sessions, nous avions des tâches à accomplir comme étudier l’Evangile de Jean, lire un livre à portée théologique, élaborer des questionnaires d’étude biblique, faire une enquête avec des amis sur leurs perceptions de la Bible.

J’ai trouvé particulièrement important le thème porté sur les convictions que nous avons de la parole de Dieu – pour deux raisons principales. En premier lieu, ce thème permet de revoir ce que nous affirmons au sujet de la parole de Dieu afin d’assurer que nos croyances ne sont pas simplement des affirmations abstraites mais qu’elles sont pleines de sens. En deuxième lieu, il permet à poser les bonnes bases pour interagir avec Dieu à travers Sa Parole. Selon moi, c’est une nécessité absolue que chacun ait de bonnes convictions sur la Parole de Dieu. Ainsi, nous n’aurons plus à courir toujours derrière les gens pour demander s’ils méditent quotidiennement, parce qu’ils le feront.

Ces sessions de formation ont impacté mon ministère et ma vie. Concernant le ministère, j’ai amélioré ma manière de poser les questions sur les textes bibliques pour élaborer les canevas, j’ai mis sur pied un groupe de soutien (finance, matériel, spirituel) pour mon ministère et un groupe de jeunes dans lesquels je m’investis. Avec ce groupe de jeunes je prévoie très prochainement faire des enquêtes auprès des étudiants afin de voir comment nous pouvons leur apporter la pensée de Dieu à la lumière de la Bible.

Dans ma vie personnelle, mon interaction avec Dieu à travers sa Parole a changé. Maintenant je cherche toujours à établir un pont entre ma connaissance biblique et ma vie pratique. Et je me suis fixé comme défi de toujours partager avec d’autres, mes découvertes dans la parole de Dieu lorsque l’occasion se présente.

Salimou Traoré, trasa_86(at)yahoo.fr
enseignant au lycée et responsable du département de l’étude biblique au sein des GBEE Mali.

Une cuisine saine

Une introduction à un nouveau genre de livre de recettes écrit par l’équipe internationale de l’Interaction avec les Écritures

BildkochenkleinChez nos mouvements d’étudiants, nous nous engageons à former notre personnel et nos étudiants à l’interaction avec les Écritures. Comment décidons-nous du contenu de nos évènements formación ? Quels ingrédients faut-il pour préparer un plat plein de nutrition et de saveur ?

La réponse à cette question dépend du contexte et du groupe cible précis. Par exemple, nous préparons souvent un plat différent pour les étudiants que pour le personnel. La réponse à cette question dépendra aussi de notre vision globale. Quel résultat voulons-nous voir de la totalité de notre formación à l’interaction avec les Écritures ? Et quelle en est donc la conséquence pour les différents événements de formation ?

« Mes enfants, pour qui j’endure une fois encore les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que Christ soit formé en vous… » (Galates 4.19, BDS) « Jusqu’à ce que Christ soit formé en vous… » – quelle belle expression de ce que Paul a sur le cœur pour ces églises !

Qu’aimeriez-vous voir comme résultat de la totalité de votre formación à l’interaction avec les Écritures ? Prenez un moment pour verbaliser votre vision. Veuillez réfléchir de manière précise autour de votre groupe cible.

J’ai l’impression que nous nous concentrons souvent uniquement sur quelques-uns des ingrédients nécessaires pour accomplir la vision globale et que nous en négligeons d’autres. Parfois…

  • Nous enseignons des méthodes d’étude biblique sans traiter des attentes et de l’attitude avec lesquelles notre personnel et nos étudiants abordent la Parole de Dieu ;
  • Nous donnons une formation autour du développement et de l’animation de groupes d’étude biblique sans prendre le temps de réfléchir à ce qui se passe réellement dans ces groupes ;
  • Nous parlons beaucoup de la Bible mais passons un temps disproportionnellement moindre à l’écoute de la Parole de Dieu et à lui permettre de nous parler. Lors de nombreux événements de formation, le matin commence par une étude ou une exposition biblique, mais il y a très peu de temps pour intérioriser ce qu’on a entendu, pour se tremper dans la Parole, pour rencontrer Jésus.

L’équipe internationale de l’Interaction avec les Écritures de l’IFES vous a écrit une aide de cuisine. Cette nouvelle ressource ne propose pas un programme standard. Elle nous aide plutôt à planifier soigneusement ce que nous incluons dans nos programmes de formation.

Formación à l’interaction avec les Écritures – une ressource pour planifier et développer des programmes de formation : Vous pouvez télécharger ce matériel ici.

Sabine Kalthoff
Secrétaire de l’IFES pour l’Interaction avec les Écritures

Ma vie est un projet de Dieu

(écrit par Daniel Bourdanné, Secrétaire Général de l’IFES)

« C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse.
Tes œuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien.
Mon corps n’était point caché devant toi.
Lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, Tissé dans les profondeurs de la terre.
Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ;
Et sur ton livre étaient tous inscrits
Les jours qui m’étaient destinés, Avant qu’aucun d’eux existât.
»
Psaumes 139.13-16

BildDanielkleinEn 1982, j’étais étudiant à l’Université à Lomé au Togo. Nos études étaient difficiles (seulement 7 à 8% d’étudiants passaient en année supérieure). Pour moi c’était aussi une période de crise personnelle : Que faire de ma vie ? Quel sens donner à ma vie ? Je nourrissais de grands rêves. L’un de mes rêves était de devenir professeur titulaire de chaire à 32 ans. Mais « mes grand rêves » avaient été interrompus par la guerre civile dans mon pays. J’avais passé deux années sans aller à l’école. Malgré la reprise de mes études, je luttais toujours avec la question : « pourquoi Dieu a permis que mes études soient interrompues ? ». En fait, malgré ma foi en Dieu, mes projets d’avenir étaient centrés sur moi-même.

Mais un jour, j’ai reçu un message d’une sœur et amie. Nous étions tous deux membres des GBU. Nous partageons et prions ensemble de temps en temps. Ce jour-là, elle m’avait écrite une lettre de sa main pour m’encourager. C’était ce texte des Psaumes 139.

J’avais certes lu ce passage auparavant. Mais ce jour-là, ce texte a pris un sens particulier pour moi. A la lecture de ces versets, j’étais dans un premier temps devenu comme figé, immobile, comme devant une découverte importante qu’on fait. Une source de signification, de compréhension et de sens venait finalement de jaillir de ce passage. Ce fut une révélation bouleversante pour moi, et qui changera le cours et le sens de ma vie. Enfin ! Dieu vient de m’éclairer, d’ouvrir les yeux de mon cœur sur le vrai sens de ma vie.

Je ne suis ni le fruit du hasard de la nature ni l’expression d’une vanité de la vie. Bien plus ! Je suis particulièrement aimé de Dieu, du Dieu infini. En tant que créé à son image, je suis le reflet de sa beauté malgré les laideurs en moi laissées par les traces de la morsure du péché. Ma vie est un projet de Dieu. Elle est aussi un grand et bon projet devant Dieu même si je n’en étais pas pleinement conscient jusque-là. Car je faisais mes propres plans, je rêvais de devenir quelqu’un sans profondément intégrer Dieu dans mes plans.

Mais ce passage fut aussi précisément une invitation claire qui m’était adressée par Dieu à me mettre entièrement à son service. Si Dieu me connaît si profondément, si ma vie est son projet, n’est-ce pas lui le meilleur guide pour mon présent et pour mon avenir qu’il déroule ? Ce fut pour moi un passage d’appel et de consécration à Dieu.

Ce passage reste aujourd’hui encore et toujours une source d’encouragement pour moi. Devant les choix de la vie, ce passage me rappelle que je dois tourner mes yeux vers mon créateur pour être orienté et guidé. C’est lui qui déroule nos vies.  Le passage de ce Psaumes m’enveloppe encore et encore. Que Dieu soit loué pour sa parole vivante et vivifiante.

Daniel Bourdanné, daniel.bourdanne(at)ifesworld.org

Cheminer avec le Notre Père

(écrit par: Savithri Sumanthiran, Secrétaire régional pour l’Asie du Sud)

« பரலோகத்தில் இருக்கிற எங்கள் பிதாவே » : c’était la première prière chrétienne que j’ai apprise. Je ne sais pas si mes souvenirs sont corrects, mais je crois me rappeler avoir d’abord appris le Notre Père en Tamil dans un livre pour enfants ! Depuis lors, le Notre Père a été l’une de mes Écritures préférées.

Former une relation d’intimité avec Dieu…

Cette prière m’a aidé à établir une routine de prière dès mon plus jeune âge – je n’en demandais rien et je ne m’attendais à aucune réponse. En tant qu’enfant, je l’ai simplement priée. En grandissant, cette prière a été le pilier de ma vie de prière : c’était la base de mes discussions et de mes débats avec Dieu ; une plateforme qui me permettait de prier quand Dieu semblait distant et la prière impossible.

 

La formation du caractère dans la présence de Dieu…

Pendant mon adolescence, pour la première fois, j’ai lutté avec l’une des expressions de cette prière : j’avais connu des douleurs très personnelles qui ont culminé dans une confrontation avec un monde qui n’était plus sûr. J’ai eu du mal à comprendre ce que cela signifiait de prier « pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous » – que voulait-on dire par ‘torts’’ ? Qui est le ‘nous’ de cette prière ? Est-ce que je devais apprendre à pardonner ceux qui étaient aussi chrétiens ou est-ce que je devais aussi pardonner à l’« autre » qui m’a fait violence ainsi qu’à ma communauté ? J’ai commencé le voyage d’apprentissage de ce qu’était le pardon en faisant les premiers pas. J’ai commencé à apprendre la liberté de me parler à moi-même et de me dire : « J’ai eu tort ; je dois dire ‘je suis désolé, pardonne-moi’. » Et commencer ce processus angoissant d’aller voir la personne que j’ai offensée ou qui m’a offensé. Je chemine toujours.

La formation d’une vision du monde dans la présence de Dieu…

Quelques années plus tard, la répétition de cette prière m’a fait réaliser que Jésus nous disait en fait de vouloir que son Royaume vienne, que sa volonté soit faite – pas dans un lieu futur mais ici sur terre. Jusqu’alors, j’avais intériorisé cette phrase avec la signification que Jésus désire une sainteté dans ma vie personnelle. J’ai commencé un autre cheminement dans ma compréhension de Jésus et de sa mission ! Pour l’instant, j’essaye de comprendre pourquoi cette prière est au pluriel : « Notre » Père, donne- « nous » aujourd’hui le pain dont nous avons besoin ; pardonne- « nous » nos torts … ; garde- « nous » de céder à la tentation ; délivre-« nous » du diable…

Matthieu 6 : 9 – 13

Priez donc ainsi :
« Notre Père, toi qui es dans les cieux, que tu sois reconnu pour Dieu,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, et tout cela, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin,
pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous.
Garde-nous de céder à la tentation, et surtout, délivre-nous du diable. »

SavithriCette Écriture est pour moi :

  • mon endroit sûr : un endroit où je peux être honnête et intime devant le Seigneur ;
  • mon endroit d’inconfort : un endroit où je peux amener mes questions sur le monde et mes défis ;
  • mon endroit d’apprentissage théologique : un endroit qui m’invite à entrer dans le monde de Jésus ; de parler avec d’autres croyants ; de lire ce que les autres ont écrit.

Savithri Sumanthiran, Savithri.Sumanthiran(at)ifesworld.org

Un targum pour aujourd’hui

(écrit par: Yohan Abeynaike, Secrétaire générale de FOCUS Sri Lanka)

Après quelques générations passées en exil, les chefs de la communauté juive faisaient face à un grave problème. L’araméen était en train de remplacer l’hébreu en tant que langue commune du peuple. Avec ce changement de langue et de contexte, les chefs se demandaient comment communiquer la vérité des Écritures hébraïques à la prochaine génération de telle sorte qu’elle puisse les comprendre facilement. Ainsi apparu le Targum.

SriLankasmallAu départ, le Targum était simplement une paraphrase des Écritures en araméen. Plus tard, il s’est élargi pour inclure des explications et des expansions sur le texte pour que l’audience puisse voir clairement la pertinence des Écritures dans leur contexte. En décembre, des membres de FOCUS Sri Lanka se sont essayés à l’écriture d’un Targum sur base du Magnificat de Marie (Luc 1:46-55). Nous avons commencé par diviser le chant en différentes phrases et puis nous avons développé plus amplement chaque phrase dans une explication pour accomplir différents objectifs. Voici quelques exemples de nos objectifs :

1. Comprendre les pensées et les émotions contradictoires de Marie et la voir à travers des yeux modernes. (Luc 1:48-49)

« Je n’arrive pas à le croire ! Des milliers de femmes juives depuis des siècles ont voulu être à ma place. A l’avenir, des gens de partout liront et entendront mon histoire. Ils joueront mon rôle dans des pièces de théâtre et des films, ils prêcheront sur moi, ils chanteront à mon sujet. Tellement de gens souhaiteront être à ma place… Mais qui suis-je ? Je ne suis rien…

…Mais parfois, j’ai peur. Je ne sais ce que l’avenir me réserve. Que dira ma famille à propos de ma grossesse ? Que diront mes voisins ? Vont-ils se moquer de moi ? M’ignorer ? Me lapider ? »

2. Trouver une application générale des implications d’un texte. (Luc 1:51)

Dieu rit des vantardises des ceux qui créent les connaissances dans notre société. Le scientifique peut-il découvrir tous les mystères de la vie ? L’économiste peut-il satisfaire tous les besoins des gens ? L’avocat peut-il rendre une société plus morale ? L’affirmation que « toute vérité est relative » n’est-elle pas une affirmation absolue en elle-même ? Pourquoi sont-ils si fiers ? Ne savent-ils pas qu’il y aura toujours une limite à la connaissance humaine ? C’est Dieu seul qui sait tout.

3. Utiliser des expressions et des situations familières aux gens d’aujourd’hui. (Luc 1:52)

Tout ce qui est caché sera révélé. Il est le Wikileaks divin. Le darknet sera illuminé. Les paroles et les tweets de haine seront réduits au silence.

Le texte entier de notre Targum pour le contexte du Sri Lanka se trouve ici.

C’était un processus créatif et amusant. Plus important encore, cela nous a aidé à voir et à appliquer le texte d’une nouvelle manière. Pourquoi ne pas l’essayer, vous aussi ?

Yohan Abeynaike, yohan(at)focus.lk

 L’esprit de Caleb !

(écrit par Nick Addo, Directeur financier de l’IFES)

« Maintenant voici que l’Éternel m’a fait vivre, comme il l’a dit. Il y a 45 ans que l’Éternel a dit cela à Moïse, à l’époque où Israël marchait dans le désert, et je suis aujourd’hui âgé de 85 ans. Je suis encore aussi robuste que le jour où Moïse m’a confié cette mission. J’ai autant de force que j’en avais alors, qu’il s’agisse de combattre ou de partir en campagne et en revenir. » (Josué 14:10-11)

Dans les années 1970, un des défis majeurs pour le mouvement étudiant ghanéen (à l’époque, l’UCF) était de savoir comment réagir à une tendance inquiétante : peu après avoir quitté l’université, les diplômés chrétiens perdaient la foi. Un des moyens qu’ils ont choisi pour y remédier a été de promouvoir l’exemple de Caleb, qui à l’âge de 85 ans, avait une foi aussi fervente que 40 ans auparavant, lorsqu’il avait clairement tenu tête à tout le peuple d’Israël (Nombres 14). À l’époque, j’étais en première année et j’ai embrassé ce qui allait devenir « l’esprit de Caleb », c’est-à-dire le désir d’avoir une foi aussi passionnée et fervente 40 ans plus tard.

En regardant en arrière, je prends conscience de l’extraordinaire grâce que Dieu m’a faite ; à d’innombrables reprises, j’ai inconsciemment fait le bon choix à des moments décisifs de ma vie. Remarquez que je dis « inconsciemment » : ces choix ne reflétaient pas forcément mes inclinaisons de l’époque. Par exemple, en devenant membre de l’UCF, j’ai rejoint le groupe d’intercesseurs (Prayer Warriors group) en dépit des remarques répétées du responsable de groupe qui affirmait que ce groupe n’était pas pour moi, car je n’étais pas un intercesseur chevronné. À l’époque, la prière était un domaine dans lequel je bataillais vraiment. Et pour couronner le tout, en deuxième année, le nouveau responsable de groupe logeait dans ma chambre. Je n’avais plus le choix. Je devais prier, non seulement lors des réunions et des retraites du groupe, mais très régulièrement avec mon nouveau camarade de chambre. Si ce n’est pas de la grâce, comment l’expliquer autrement ?

À mesure que je continuais à voir Dieu me guider dans ma vie professionnelle, l’esprit de Caleb grandissait en moi. Depuis plus de 15 ans, je suis chargé de la gestion financière auprès de diverses organisations chrétiennes. Je me souviens qu’un directeur m’a un jour appelé dans son bureau pour me montrer un formulaire de demande de remboursement des dépenses et m’a demandé s’il pouvait lui aussi faire ce genre de démarche. En me basant sur l’exemple de Caleb dans Nombres 14, je lui ai expliqué que ce n’était pas parce que tout le monde le faisait que cela le justifiait, et que la majorité n’avait pas toujours raison. Pourquoi m’avait-il posé la question ? Je n’étais même pas directeur financier, mais il avait vu un peu de l’esprit de Caleb en moi. Ce directeur a aujourd’hui pris sa retraite, et a récemment accepté de devenir pasteur d’une grande Église évangélique. Alors qu’il m’annonçait cela, il m’a rappelé la conversation que nous avions eue de nombreuses années auparavant, au sujet de cette demande de remboursement et de l’appel à vivre avec l’esprit de Caleb.

Oh comme je demande à Dieu d’avoir une foi tout aussi fervente lorsque j’aurai 70 ans, 80 ans ! Je prie que ce soit aussi le désir de votre cœur.

Nickb5468f5c-9a62-4a93-af86-1f9b7e94aaba Addo
nick.addo (at) ifesworld.org

Réflexion biblique sur la prospérité

(écrit par Mukululi Ncube, membre du personnel, FOCUS Zimbabwe)

« Votre père possède un millier de têtes de bétail sur la colline ; vous ne pouvez pas être pauvre ! Vous n’êtes pas maudit mais béni. Les bénédictions d’Abraham sont pour vous. La pauvreté est une malédiction, tout comme la maladie. Venez à Jésus et recevez votre bénédiction aujourd’hui même ! »

Voilà le discours dominant que l’on entend au sein de l’Église du Zimbabwe. Cet « évangile de la prospérité » a eu de nombreuses répercussions. Certaines Églises ont perdu de nombreux membres qui ont rejoint des Églises qui prêchent l’évangile de la prospérité. À FOCUS, nous avons également vu de nombreux étudiants attirés par ces Églises.

Pourquoi nos étudiants sont-ils à ce point attirés par cet enseignement ? Une des principales raisons à cela est la crise économique sans précédent qu’a connue le Zimbabwe ces vingt dernières années, car elle a entraîné de graves difficultés financières pour de nombreuses personnes. Les perspectives d’emploi sont peu réjouissantes. Cette « version » de l’évangile qui promet du travail et une réussite instantanée attire nos étudiants en leur faisant miroiter un faux sentiment de sécurité. Le manque d’enseignements éprouvés rend nos étudiants crédules face à ce genre de théologie bien présentée, mais néanmoins erronée.

Comment avons-nous réagi à cette situation ? Notre première approche a été la confrontation directe. Mais cela avait tendance à faire fuir ceux qui auraient pu tirer profit de ces explications.

Conscients des limites de notre approche initiale, nous avons décidé de proposer des études bibliques aux étudiants. Une étude incite les étudiants à découvrir eux-mêmes les réponses dans la Parole de Dieu, au lieu que ces vérités leur soient imposées ! Ils sont ainsi invités à poser leurs questions sur la pauvreté, les bénédictions et les malédictions, la faim et les famines, la maladie et le chômage, etc. Pour pouvoir interpeller les étudiants, nous devions leur montrer que la Bible parle de prospérité. Nous avons donc décidé de concevoir un canvevas d’étude biblique sur le sujet.

ffa4e808-cd80-468e-b968-2a643733294fNous avons commencé par demander à chaque groupe étudiant de noter les passages que les orateurs ou les pasteurs utilisaient pour enseigner sur la prospérité. Comme on pouvait s’y attendre, les personnes qui enseignaient l’évangile de la prospérité utilisaient essentiellement des passages de l’Ancien Testament en faisant dire au texte ce qu’ils voulaient. Notre équipe a alors parcouru cette liste et choisi un passage dans chacune des parties suivantes de la Bible : la loi, le récit de l’Ancien Testament, la littérature de sagesse, les prophètes, les Évangiles, les Actes, les Épîtres et l’Apocalypse.   Chaque membre du personnel s’est engagé à étudier l’un de ces passages avec d’autres personnes. Nous nous sommes ensuite réunis à l’occasion d’un week-end avec les responsables d’étude biblique sélectionnés, et nous leur avons appris à rédiger un canevas d’étude biblique. Nous avons encore passé un mois à étudier les textes, puis nous avons pris une semaine pour peaufiner nos études bibliques. Notre canevas d’étude biblique sur la prospérité a été le résultat de tout ce travail.   Ce canevas a permis de laisser la Bible parler d’elle-même de la prospérité. Notre espoir est qu’en plaçant la Parole au centre, Dieu nous révèle de quelle façon il veut que nous considérions la richesse matérielle et le bien-être physique.

Mukululi Ncube
mukululi (at) yahoo.co.uk

Une Parole d’encouragement

(écrit par Martin Haizmann, Secrétaire général adjoint pour l’IFES)

« …  mais ceux qui comptent sur l’Eternel renouvellent leur force.  Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s’épuiser, ils marchent sans se fatiguer. » (Ésaïe 40:31)

Une parole de Dieu pour son peuple
Les Israélites ont vécu en exil à Babylone pendant une cinquantaine d’années. Ils avaient été vaincus et déportés, et avaient tout perdu : leurs terres, le temple…. Et voilà que Dieu leur annonce, par son prophète : « Je vais agir et je vous ferai sortir de captivité ! » Pourtant ce message est accueilli avec scepticisme : notre Dieu est-il capable de nous sauver ? Les dieux babyloniens ne se sont-ils pas avérés être plus puissants ? Et même s’il le peut, pourquoi voudrait-il nous aider ? Pourquoi n’est-il pas intervenu lorsque les Babyloniens nous ont assailli ? Après tout ce que nous avons vécu, se préoccupe-t-il vraiment de nous (voir v. 27 !) ?

Ésaïe 40 est un puissant plaidoyer en faveur de Dieu : Oui, Il est capable ! Et, tout aussi important, oui, il se soucie profondément et sincèrement de son peuple. Dieu les invite à persévérer et à continuer à lui faire confiance. Tout comme il leur donne leur pain quotidien, il promet de leur fournir chaque jour la force dont ils auront besoin pour affronter la vie, afin de ne pas perdre espoir ou courage.

Une parole de Dieu pour mon cheminement personnel
Tout au long de ma vie, Dieu m’a parlé à maintes reprises à travers ce passage d’Ésaïe 40:31, souvent de la manière la plus inattendue. J’ai reçu ce verset à 14 ans, à l’occasion de ma confirmation. Depuis lors, il a été un véritable fil rouge que Dieu a tissé dans ma vie, me prouvant que ma vie ne dépend pas uniquement de mes propres projets et décisions, de mes accomplissements ou de mes échecs. Il existe un Dieu, plus grand que moi. Et il est l’auteur d’un scénario dans ma vie !

Deux exemples :
_Après y avoir travaillé pendant un an, j’ai soumis ma thèse en ingénierie. Je m’apprêtais à me marier et à travailler avec le SMD Allemagne quelques semaines plus tard. C’est alors que mon directeur de thèse m’a écrit : « Vous avez fait une erreur… vous devez retravailler la majeure partie de votre thèse. » J’étais effondré. Ce soir-là, j’ai assisté à la réunion de notre groupe étudiant. Elle s’est terminée par un temps de méditation d’Ésaïe 40:31. J’ai entendu ces paroles comme un message personnel de Dieu à mon égard, comme une invitation à continuer à lui faire confiance. Sa Parole m’assurait : « Je ne te laisserai pas tomber. » Quelques jours plus tard, j’ai pu prouver que je n’avais pas fait d’erreur… elle venait de mon directeur. J’ai donc pu célébrer mon mariage dans la joie et commencer à travailler avec le SMD.

_Au bout de cinq années passées au sein de l’équipe du personnel, j’ai été invité à devenir le coordonnateur national des ministères étudiants du SMD. Un véritable défi ! J’étais le plus jeune de l’équipe ; cela impliquait de déménager ma famille dans une région de l’Allemagne que nous ne connaissions pas, et de la quitter régulièrement pour mes déplacements, tout en prenant le risque de ne jamais pouvoir travailler en tant qu’ingénieur. J’avais tant de questions et de sujets de préoccupation qu’il m’était difficile de savoir si c’était le plan de Dieu et son appel pour nous. Avec « crainte et tremblement », nous avons dit oui. Juste après mon entretien avec le conseil d’administration du SMD, un contrat de cinq ans m’a été proposé, suivi d’une méditation biblique… sur Ésaïe 40:31. Une fois encore, Dieu me garantissait qu’au-delà de toutes mes interrogations, il me conduisait dans ses voies.

Martin Haizmann, Martin.haizmann(at)ifesworld.org

Initiatives de multiplication

(écrits par Josue Alanis, Cinthya Ocón, Fausto Romero, membres du personnel du MUC Salvador)

Nous sommes reconnaissants envers Dieu d’avoir éveillé notre intérêt pour sa Parole lors des consultations de l’IFES sur l’interaction avec les Écritures. Nous désirons à présent communiquer cet intérêt à d’autres au Salvador. Nous le faisons de différentes manières.

Depuis deux ans, nous animons une session sur l’interaction avec les Écritures lors de notre rencontre nationale de formation pour étudiants. Chaque fois que j’enseigne (Cinthya) cette session, je tombe encore plus amoureuse de la Parole. Je suis sans cesse émerveillée de constater ce que Dieu fait dans la vie des étudiants à travers sa Parole. Et j’ai peu à peu pris conscience de l’importance de la Bible pour notre vie chrétienne.

Au cours des derniers mois, nous avons également eu le privilège d’enseigner des jeunes de différentes Églises sur l’interaction avec les Écritures. C’est une joie de voir leur attitude à l’égard de la Parole de Dieu changer. Ils ont commencé à s’intéresser au travail du MUC à l’université. Ces sessions nous offrent la possibilité de collaborer avec des jeunes de différentes Églises.

Ce qui suscite le plus d’intérêt est la réflexion que l’on propose sur ce que signifie aimer, étudier, vivre et partager la Parole. Nous encourageons les jeunes à cultiver un véritable amour pour Dieu et sa Parole. Étudier, vivre et partager la Parole sont le fruit de cet amour.

Une activité spécifique a été très enrichissante et particulièrement utile pour aider les jeunes à mieux comprendre comment aborder les difficultés de notre monde d’une perspective biblique. Nous commençons par lire des articles sur l’actualité du pays dans lequel nous vivons. Nous demandons aux participants de réaliser un collage à l’aide de journaux, qui évoque les difficultés, les aspirations et les craintes de leurs camarades étudiants. Nous leur demandons ensuite de trouver des réponses à ces problèmes dans la Bible. La plupart répondent avec des versets bibliques qui apportent une réponse superficielle. Nous remettons alors en cause ces réponses pour les aider à prendre conscience de l’importance d’une connaissance biblique plus profonde que quelques versets appris par cœur et connus par la quasi-totalité de la population du Salvador. Nous finissons cet exercice avec une petite étude sur Habakuk, et examinons en quoi la réponse de Dieu à ce prophète pourrait s’avérer pertinente face aux problématiques de notre contexte. Notre but est de parvenir à tenir le journal d’une main et la Bible de l’autre.

Grâce aux sessions sur l’interaction avec les Écritures, nous avons pu toucher la vie de plus de 150 étudiants du MUC et de plus de 50 jeunes issus des Églises. Dieu a été bon et nous avons vu des jeunes s’engager à étudier et à aimer la Parole de Dieu. Notre Église au Salvador doit renoncer à la religiosité et raviver son amour pour la Parole.