Transformée par le prophète qui pleure – Comment Dieu a changé ma façon de prier à travers le livre de Jérémie

(écrit par Paula, Eurasie)

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire l’histoire de mon cheminement avec le livre de Jérémie, je dois avouer avoir ressenti quelques hésitations… Cela voulait dire revisiter une période qui était pour moi une croissance douloureuse – même si la lutte était pour une bonne cause !

Le livre de Jérémie m’a accompagnée alors que j’essayais de faire du sens de mémoires familiales difficiles et de douleurs intergénérationnelles. L’appel et la vie de Jérémie était évidemment bien différents des miens mais l’histoire de Jérémie et plus particulièrement sa relation avec Dieu pendant plusieurs dizaines d’années, m’ont appelée à une connaissance plus profonde de la vie de disciple au fil de mes rencontres avec Dieu à travers ces « textes de désastre ».

Jérémie a reçu l’appel de prêcher à la nation rebelle d’Israël alors qu’il était encore jeune et faible. Il a enduré un ministère apparemment sans fruit, ainsi que la solitude, l’emprisonnement et la moquerie. Malgré tout ce que cela lui a couté personnellement, Jérémie a persévéré : dans sa relation avec Dieu, dans l’amour pour son peuple (même s’il s’en arrachait les cheveux !) et dans le service du Dieu de l’espoir même quand il lui était impossible de voir d’où viendrait le salut.

Comment parler à Dieu lorsque tout ce qui nous semble familier et nécessaire à la survie nous est arraché, démonté et révélé n’être que de la paille ? Quels mots trouver lorsqu’on s’enfonce dans le désespoir ?

Les descriptions poétiques que Jérémie donne de Dieu (par ex. 2:13, 2:32, 18:6, 50:44) et ses complaintes envers Dieu (ses « confessions » des chapitres 11 à 20), colorées, sans retenue, franches au point d’être choquantes étaient pour moi comme un ouvre-boîte qui m’exposait à ma propre douleur et me permettait d’apporter ma propre expérience à Dieu avec une honnêteté à vif et des mots que je n’avais jamais osé prier. Ma réserve britannique m’en avait retenue – ou peut-être était-ce que je n’avais pas vraiment voulu confronter ces luttes profondes que Dieu aime tant racheter ?

Il m’a fallu apprendre le langage de la lamentation – au-delà de la louange et de la pétition – afin d’avoir un dialogue avec Dieu dans la réalité même de la lutte et de la douleur. J’avais besoin d’être rassurée que le Dieu que je rencontre dans le livre de Jérémie – un Dieu solide qui n’est pas troublé par les poings levés par Son peuple – est le même Dieu qui transforme et amène l’espérance à Son peuple en Christ. J’ai commencé à demander à Dieu de se montrer à moi comme Celui qu’il disait être.

L’amertume de l’expérience de Jérémie avec son peuple et sa lutte avec Dieu, et non contre Lui, m’ont appris à pleurer les fautes du passé chez ma famille. J’ai pu faire le deuil de ce qui était perdu et me permettre de ressentir de la peine face à l’injustice, et ne plus permettre à l’ordre ancien de continuer, ne serait-ce que dans mon cœur. Le livre de Jérémie nous montre qu’en tant que croyants, nous invoquons un Dieu qui sait transformer le cœur des gens : le Dieu vivant peut faire naître la nouveauté du néant, la repentance de la rébellion, une bonne manière de vivre suite au regret.

Livres pour lectures complémentaires :
Walter Brueggemann, Hopeful Imagination: Prophetic Voices in Exile.
Eugene H. Peterson, Run with the Horses: The Quest for Life at Its Best.

Entrer dans l’histoire de Dieu

Nous avons besoin des Écritures dans leur entièreté pour notre marche avec Dieu. De brefs versets choisis peuvent bien être précieux et importants mais ces passages individuels ne peuvent remplacer une perspective générale. Dietrich Bonhoeffer nous invite très pertinemment à entrer dans l’histoire de Dieu et à le rencontrer dans toute la réalité de son interaction avec le monde – qui surpasse de loin nos vies individuelles.

Le texte suivant est tiré du livre de Bonhoeffer : De la vie communautaire. Dietrich Bonhoeffer est un théologien allemand du milieu du XXe siècle. Il a fondé un séminaire théologique basé sur la vie communautaire et il était fortement impliqué dans le mouvement de résistance aux Nazis.

C’est ainsi que la lecture suivie des livres de la Bible oblige tous ceux qui veulent entendre, à approcher le lieu où Dieu a accompli une fois pour toutes son action de salut en faveur des hommes, et à s’y laisser trouver par lui. C’est précisément quand on les lit dans le culte que les livres historiques de l’Ecriture prennent pour nous un aspect absolument nouveau. Nous y devenons participants des événements qui se sont déroulés autrefois pour notre salut, et nous oubliant nous-mêmes, nous entrons avec le peuple dans la Terre promise à travers la Mer rouge, le désert, le Jourdain ; avec Israël, nous tombons dans le doute et l’incrédulité, et nous sommes ramenés par le châtiment et la repentance au Dieu fidèle et secourable ; et ce ne sont pas là des rêveries, mais une sainte, une divine réalité. Nous sommes arrachés à notre propre existence et introduits en plein milieu de l’histoire que Dieu inscrit sur la terre. Son action pour nous a commencé là, et c’est là qu’elle se poursuit encore aujourd’hui, sa colère et sa grâce dominant nos détresses et nos péchés. L’important ce n’est pas que Dieu soit le spectateur compatissant de notre existence présente, mais que nous soyons les auditeurs attentifs et actifs de son action dans l’histoire sainte, dans l’histoire du Christ sur la terre […]
 
Un changement radical se produit alors. Nous comprenons en effet que Dieu n’a plus à démontrer son secours et sa présence dans notre vie, puisqu’il les a manifestés définitivement pour nous dans la vie de Jésus-Christ. En fait, il est plus important pour nous de savoir ce que Dieu a accompli en Israël et en son Fils Jésus-Christ, que de nous tourmenter à découvrir ce qu’il a en vue pour nous aujourd’hui. La mort de Jésus-Christ est plus importante que ma propre mort, et sa résurrection d’entre les morts est le seul fondement de mon espérance en ma propre résurrection au dernier jour. Notre salut est « en dehors de nous» (extra nos), je ne le trouve pas dans les événements de ma vie mais uniquement dans l’histoire de Jésus-Christ. Seul celui qui consent à se laisser trouver en Jésus-Christ, dans son incarnation, dans sa croix et dans sa résurrection, est en Dieu, et Dieu en lui.

Dietrich Bonhoeffer, De la Vie Communautaire. Traduit par Fernand Ryser. Neuchâtel : Delachaux & Niestlé S.A., 1947, 51-52.

Prier la Parole

Ceci n’est pas un article, c’est une invitation à prier…

Une invitation à la prière personnelle
C’est au cours d’une période de ma vie marquée par de nombreuses luttes, questions et incertitudes que les Psaumes 42 et 43 me sont devenus très précieux. Ces psaumes (étroitement liés par un refrain récurrent) m’ont aidée à prier à la fois mes questions et ma confiance.

Lisez les Psaumes 42 et 43 lentement et dans la prière.

Relisez le passage. Quels échos y trouvez-vous de votre vie ? Concentrez-vous sur ces versets-là. Laissez-les vous guider dans votre propre prière. Quelques exemples :

_v. 3 « J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant! » – un immense désir pour Dieu est un des fils conducteurs de ce psaume. Que cherchez-vous ? Avez-vous soif ? Comment pouvez-vous prier votre soif de Dieu ?

_v. 10 « je veux dire à Dieu, lui qui est mon rocher: «Pourquoi m’ignores-tu?» » – quelle profession de foi juste à côté d’une question difficile ! Le Psalmiste confesse que Dieu est son rocher, le fondement de sa vie. En même temps, il prie ses questions et crie sa douleur. Qui est Dieu pour vous ? Comment pouvez-vous prier la tension entre votre foi et vos questions ?

Et ainsi de suite… Vous pouvez conclure en écrivant un verset de cette prière qui résonne particulièrement en vous. Laissez ces paroles des Écritures devenir votre prière dans les semaines et mois qui viennent.

Une invitation à la prière communautaire
Récemment, l’équipe du programme de l’Assemblée mondiale 2019 s’est réunie pour continuer à planifier le congrès. L’un des passages des Écritures que nous étudierons lors de l’Assemblée mondiale est tiré d’Actes 4 : une prière prononcée par l’église primitive face aux menaces et à la pression. Martin Haizmann, le directeur du congrès, nous a conduits dans un temps de prière pour l’Assemblée mondiale de la manière décrite ci-dessous. C’était une expérience riche. Je vous invite à laisser cette prière vous mener dans un temps de prière communautaire pour le ministère parmi les étudiants dans votre contexte.

Lisez Actes 4.23-31 à haute voix. Laissez un temps de silence pour que chacun puisse relire le passage. Commencez ensuite un temps de prière communautaire inspirée par cette prière tirée des Écritures.

Relisez Actes 4.23-31. Après un temps de réflexion silencieuse, demandez à chacun de noter comment – en vue de cette prière biblique – il ou elle veut prier pour le ministère étudiant dans votre contexte particulier. Vous pouvez aussi mettre des affiches sur lesquelles écrire ces sujets de prière pour que chacun puisse les voir. Prenez un deuxième temps de prière communautaire dans lequel vous apportez ces sujets de prière à Dieu.

Prier la Parole. Ce n’est pas que les prières des Écritures, mais toute la Bible qui nous invite à prier. Alors que nous lisons et que nous étudions la Parole de Dieu, nous sommes invités à répondre dans la prière – à répondre en priant notre admiration et notre louange, nos questions, notre douleur, nos engagements, notre confession… La Parole de Dieu nous invite à une conversation honnête avec le Dieu vivant.

Sabine Kalthoff
Secrétaire de l’IFES pour l’Interaction avec les Écritures

Réflexions sur l’Interaction avec les Écritures dans la prière

« Heureux ceux qui gardent ses instructions, qui le cherchent de tout leur cœur » (Psaume 119:2 SG21). Les Écritures nous invitent à « chercher Dieu » et donc à prier – puisque c’est cela l’essence de la prière.

Il y a des années, il a été dit que nous devrions « Prier la Parole ». Cela me semblait logique d’être d’accord avec ce que Dieu a déjà dit au sujet de questions pour lesquelles je priais (mes choix, mes craintes, les finances etc.). Alors que je réfléchissais à l’évolution de la prière autour de moi, cette expression m’est revenue à l’esprit. De nombreuses personnes semblent avoir développé une nouvelle langue et une nouvelle posture de prière. Certains mots semblent plus puissants que d’autres et la prière se centre désormais sur le fait de marcher, de réclamer le territoire et de chasser le diable. Prier la Parole : un impératif ou une simple suggestion ?

Les chrétiens définissent souvent la prière comme la communication avec Dieu, ce qui sous-entend que non seulement nous parlons à Dieu mais que Dieu nous parle aussi. Il n’est donc pas surprenant que la Bible, en tant que la Parole de Dieu, est d’une grande importance pour cette communication.

Par l’étude des Écritures, nous devenons plus conscients de Dieu et pouvons lui répondre selon sa révélation. C’est à travers la Parole que nous apprenons à connaître Dieu et que nous pouvons lui répondre avec louange, amour et confiance. Alors que cette relation se développe, une amitié sincère se crée et nous découvrons de plus en plus le cœur de Celui à qui nous prions. Cela nous aide à prier avec confiance selon la volonté de Dieu. Alors que nous commençons à parler avec Dieu, nous pouvons entrer dans ses désirs pour nous et trouver plus clairement notre place dans son projet.

Alors que j’étais jeune adolescente et nouvelle chrétienne, je luttais avec cette question de ma place dans le projet de Dieu. Quand je priais, je demandais à Dieu quel don il m’avait donné. Je me souviens avoir dit que je ne faisais qu’aider : j’aidais avec l’école du dimanche, les activités sportives, les chants et d’autres domaines de la vie de l’église. C’était grâce à l’étude de la Bible que j’ai compris que c’était justement en aidant que j’utilisais mon don ! J’étais ravie. Depuis lors, j’ai souvent fait l’expérience de comment Dieu me donne de l’assurance en me guidant à certains passages des Écritures pendant mes temps de prière.

La Parole de Dieu peut façonner nos prières de différentes manières : en nous invitant à chercher Dieu, en approfondissant notre relation avec Dieu, en nous guidant dans le contenu de nos prières, en révélant le péché pour que nous puissions nous en débarrasser et ainsi dégager le canal de communication avec Dieu, en clarifiant nos pensées, en donnant une direction, en révélant la vérité…

Il ne fait aucun doute que l’interaction avec la Parole engendre la prière et que la prière nous incite à nous tourner vers les Écritures.

Cheryl Jessemy, ceejessemy@gmail.com
Équipière avec l’ISCF Grenade et coordinatrice pour la prière régionale dans la Caraïbe

« Je suis serviteur de la lumière qui ne s’éteint jamais. »

Le pèlerinage de David Bahena avec la Parole de Dieu

Je suis devenu chrétien à 16 ans et cela a transformé ma vie : j’étais rempli de joie et avais soudain un but dans la vie. En même temps, j’avais faim de lire la Bible et j’ai alors commencé mon cheminement avec les Écritures.

À COMPA (IFES en Mexique), j’ai appris comment étudier, partager et contextualiser la Parole de Dieu. Je fais partie de la génération qui a grandi en lisant la Bible de manière inductive et en participant à des ateliers animés par Ada Lum. Samuel Escobar, dans « Así leo la Biblia », décrit cette approche ainsi : « apprendre à observer le texte avec clarté pour interpréter son message et l’appliquer à nos vies personnelles. » Puis est venu le temps de partager la Parole avec mes amis étudiants à l’université. C’était une grande joie que de les voir rencontrer Jésus dans ces petits groupes et être transformés par la Parole de Dieu. De plus, en raison de la réalité que nous vivions en Amérique latine, on nous a appris comment l’appliquer à notre contexte. La Bible est pertinente au monde académique et à la réalité sociale, politique et financière de notre pays.

Après avoir servi en tant qu’équipier étudiant, nous sommes passés par un temps de sécheresse et de renouveau spirituel. Le personnel devait préparer tant d’ateliers, de prédications et d’études bibliques que nous courrions le risque d’exploiter la Bible comme un simple outil. Nous lisions et étudions la Parole de Dieu mais sans plus en être passionnés. C’était à tel point qu’après avoir servi en tant que Secrétaire général pendant trois ans, j’ai confessé à Douglas Stewart que je n’avais plus envie de lire la Bible ou de prier et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi. Dieu a ouvert un nouveau chemin spirituel de renouveau centré sur sa Parole. Cette nouvelle approche envers les Écritures comprenait de la méditation, de la prière et des retraites. Pendant ce temps, j’ai appris comment prier avec la Parole de Dieu et dans l’Esprit et, peu à peu, j’étais transformé et renouvelé.

L’appel sur ma vie a aussi été formé par les Écritures. Pendant l’été de 2003, à Cedar Campus, alors que Dieu restaurait notre mariage, on nous a invités à cultiver une spiritualité humble, enracinée dans la Bible et dans la puissance du Saint-Esprit (Matthieu 12.18-21). Bien des années plus tard, Dieu a rétabli mon sentiment d’identité, m’a aidé à voir que j’étais bien plus qu’un membre du personnel et m’a invité chez lui pour cultiver une spiritualité qui a fait de moi un meilleur parent, ami et citoyen (Jean 4.46-54). L’année dernière à Pasadena, Dieu nous a renouvelés une fois de plus et nous a donné du repos ; l’invitation était alors de cultiver une spiritualité qui s’épanouit dans l’adversité et le désert (1 Pierre 1.3-5). Dieu nous appelle à travailler aux côtés d’une génération de leaders émergents, de faciliter des rencontres avec le Seigneur qui sont centrées sur la Bible, d’être des modèles de leadership humble et transparent et de persévérer, même dans l’adversité.

David Bahena
David Bahena sert l’IFES en tant que Secrétaire régional pour l’Amérique latine

« Avoir mes oreilles ouvertes »

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu!… » (Psaume 46.11)
« Que, le jour, l’Eternel me montre son amour: je passerai la nuit à chanter ses louanges… » (Psaume 42.8)

Entendre la Parole. Entendre ma vie. Entendre la petite voix tranquille de Dieu !

L’expérience d’une grande partie de la vie est celle d’une vie exigüe. De nombreuses expériences filent à toute vitesse – les gens que nous avons rencontrés, le ministère que nous faisons et la vie que nous vivons.

2017 était une année de ce genre pour moi… J’ai pris de nombreux vols pour me rendre dans les mouvements de ma région. J’ai donné de nombreux exposés bibliques et prédications. J’ai écouté de nombreuses personnes alors qu’elles traversaient des moments difficiles. J’ai connu 4 décès : celui de ma chère maman, celui de ma colocataire lorsque j’étais sur le campus et celui de 2 collègues d’Asie de l’Est. J’ai pris la charge de Secrétaire régionale de l’IFES pour l’Asie de l’Est.

Des vies exigües, des vies sans temps de réflexion commencent à laisser échapper l’impatience, la lassitude, la colère, l’amertume et la pitié de soi. Je ne pouvais arrêter aucune de ces expériences de vie et de ministère. Mais par souci d’équilibre, j’ai trouvé la petite voix tranquille de mon Seigneur m’appeler à …la solitude ! J’ai pu faire sept retraites spirituelles en 2017 (pour certaines, j’y étais à la fois intervenante et participante). Pour deux d’entre elles, la retraite a duré 3 jours ; pour quatre d’entre elles, ce n’était que 3 heures ; et pour l’une d’entre elles, cela a duré 4 jours.

Dans les retraites où j’étais intervenante, de courts passages des Écritures étaient donnés à méditer et à écouter [Psaume 42; 1 Corinthiens 4:7-16; Exode 19:1-6; Josué 3]. Dans une attitude d’attente avec ces passages…. L’espace que j’ai créé dans l’attente avec la Parole a commencé à me parler. J’« entendais » la Parole abreuver ma vie. J’ai commencé également à « entendre » ma vie – le deuil que j’avais accumulé, les questions qui se posaient. Le plus grand don était « l’écoute » de Dieu, qui m’avait accompagné tout du long. Il a commencé à marquer Ses promesses et Sa guérison de son empreinte.

Après chacune de ces retraites, j’en suis revenue avec une mission rafraîchie ! Un appel plus clair sur la manière de s’y prendre. Pour moi, ces temps de retraite n’étaient pas une option, mais une oasis où je peux boire en profondeur et créer l’espace pour la vie. Ainsi, je sais que pour moi, 2017 était une année à « l’école de l’adversité » et pourtant c’était l’année au cours de laquelle j’étais certaine « qu’Il m’avait porté comme sur des ailes d’aigle et qu’Il se réjouit à grands cris à mon sujet la nuit. »

Donc, comment est-ce que je m’y prends pour mes retraites ?

  • J’apporte mes problèmes/soucis/expériences de vie que je souhaite examiner.
  • Je demande au Seigneur de me guider vers un passage des Écritures pour m’accompagner.
  • Je répands mon cœur, et j’attends et j’écoute.
  • J’écoute Sa Parole, Sa voix et j’écoute ma vie. J’écoute quand je marche, quand je m’assoies, quand j’écoute la nature, les pensées ou les paroles qu’Il met dans mon cœur et dans mon esprit.
  • En écoutant, je réponds là où je suis. Conversations avec Dieu.
  • Tout cela va dans mon journal qui sert aussi en tant qu’outil de sauvegarde dans l’écoute !

Bonne retraite, chèr(e) ami(e) !

Annette Arulrajah
Secrétaire régionale pour l’Asie de l’Est

Devenir une communauté qui écoute

Au cours de ces dernières années, j’ai eu le privilège d’investir dans les leaders à travers le réseau des jeunes équipiers. Il s’agit d’un réseau de jeunes équipiers qui servent avec l’IFES en Europe. Notre objectif est d’être une communauté qui permet aux équipiers de croître et de poser de bonnes fondations pour le début de leur ministère. L’an passé, ce temps m’a mis au défi de réfléchir à ce que cela signifie pour cette communauté d’apprentissage d’être une communauté qui écoute – une communauté qui est transformée par la Parole. Cela évoquait un sentiment que j’avais déjà : nous passions beaucoup de notre temps à enseigner la Parole à d’autres, mais je n’étais pas si sûre que notre propre interaction personnelle avec les Écritures avait la même priorité.

Alors nous avons posé un défi à nos jeunes équipiers. Nous leur avons demandé de s’immerger dans l’histoire de Pierre sur une période de 6 mois. Pour ce faire, il fallait lire Marc, Actes et 1 Pierre ainsi que faire certains exercices à la fois individuellement et avec les autres. Nous voulions qu’ils regardent à la manière dont Dieu avait formé Pierre en tant que leader, et qu’à travers cela, ils mènent une réflexion sur la manière dont Dieu les forme.

A la fin de ce défi, nous nous sommes réunis pour mener une réflexion et faire part de l’expérience. Cette rencontre était à la fois décourageante et encourageante.

Cela était décourageant parce que cela a confirmé que l’interaction personnelle avec la Parole de Dieu ne figurait pas dans les grandes priorités. Il y avait quelques exceptions mais la plupart des équipiers luttaient pour mettre du temps à part pour cela. Ils étaient si occupés à faire que prendre le temps de s’immerger dans la Parole de Dieu semblait être un luxe qu’ils ne pouvaient se permettre. Je ne pense pas qu’ils soient seuls à lutter avec cela. Il y a la tentation pour nous tous de nous concentrer sur ce que nous faisons, sur les aspects de notre ministère que les autres voient. Puis nous commençons à négliger notre besoin d’avoir nos propres cœurs et intelligence constamment renouvelés et transformés par la Parole de Dieu. Et là, c’est un endroit vraiment dangereux où se trouver.

Mais cette expérience m’a aussi montré quelque chose : lorsque nous donnons du temps à l’écoute de la Parole ensemble en communauté, Dieu parle et sa Parole transforme. Alors que nous menions une réflexion ensemble sur ce que nous avions appris, il y avait un thème commun : Dieu est patient dans la manière dont il développe les leaders. En réfléchissant à l’échec de Pierre, nous avons vu une fois de plus que ce ne sont pas nos compétences qui font que Dieu peut nous utiliser mais plutôt sa grâce.

Tout comme Pierre, nous sommes enclins à échouer – tout comme notre manque d’interaction avec la Parole de Dieu le montre. Mais Dieu est tout aussi patient avec nous ; il est tout aussi prêt à nous offrir sa grâce. Dieu désire nous parler. Alors continuons à l’écouter.

Heledd Job
Heledd est originaire du Pays de Galles et vit en Italie. Elle fait partie de l’équipe du développement du leadership en Europe, chargée principalement de la coordination du réseau des jeunes équipiers.

Mon psaume : « J’ai lu le Livre »

Guinée, juillet 2017. Une formation a lieu sur l’interaction avec les Ecritures. Après avoir réfléchi sur nos motivations et convictions concernant la Parole de Dieu, chaque participant a écrit son propre psaume. Après 30 minutes de rédaction, nous nous sommes rassemblés et chacun(e) a lu son psaume. C’était un moment fort d’adoration de notre Dieu. Après avoir entendu tous les psaumes, nous avons fait part de notre expérience. Voici quelques réactions : « Cela mène à un esprit de prière. » « Avec chaque personne, j’espérais que cela n’allait jamais se terminer. » « C’est comme si on était en relation directe avec Dieu. »

Lisez un de ces psaumes, écrit par Axel Aurenche Gbelia, un étudiant de Côte d’Ivoire :

J’ai lu des livres
J’ai été civilisé
J’ai lu des livres
J’essaie encore même de me cultiver

Mais j’ai lu le Livre
L’artisanal de Dieu
Son album, Son manuscrit
Qui transcende le préhistorique jusqu’à l’avenir

J’ai lu le Livre
L’écriture et le graphisme céleste
L’histoire des expériences de Dieu d’avec l’homme
Et des hommes d’avec Dieu

J’ai lu le Livre
Je sais maintenant d’où je viens
Qui Dieu dit que je suis
Qui je suis et où je vais

J’ai lu le Livre
La brochure, la publication de Dieu
Mes déserts se refleurissent
Mes larmes se réjouissent

J’ai lu le Livre
L’édit et la sculpture de Dieu
Je peux pleurer de joie
Et même rire dans le malheur

Je sais qui Il est
Lui, le glossateur et le Dieu des lettres
Lui, l’historien des âges et le littérateur suprême

J’ai lu le Livre
J’ai lu Son Livre
Plus que formé
Plus qu’instruit
Plus qu’enseigné
Plus que convaincu
Je suis transformé pour la vie.

Équiper les étudiants pour étudier la Parole

Découvrez le témoignage d’un étudiant ayant participé au congrès d’étude biblique du FCSI Israël :
« L’année dernière, j’ai vécu le temps le plus difficile de ma vie – j’ai perdu ma mère après un long combat contre le cancer. Elle était ma meilleure amie, mon modèle, une source de soutien et la plus grande bénédiction que Dieu m’ait jamais donnée. Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans elle. Lorsque je me suis rendu au congrès, elle avait arrêté de répondre aux traitements et son état se détériorait très rapidement. Au cours de ce congrès d’étude biblique, nous avons étudié l’histoire de Jésus qui calmait la tempête ; au travers de celle-ci, Jésus est venu à la rencontre de mes craintes, de ma douleur, de ma vulnérabilité, qui me tenaient paralysé et il a calmé les tempêtes qui faisaient rage en mon être intérieur. La puissance de sa présence et sa paix irrésistible m’ont envahi, m’ont soutenu tout au long de cette situation accablante et m’ont aidé à surmonter ce qui me paraissait insurmontable. »
Notre vision pour le congrès d’étude biblique du manuscrit de Marc est née en 2014 : nous voulions voir des étudiants passionnés de la Parole et qui savent comment étudier et interagir avec les Écritures. Nous voulions que les étudiants rencontrent Jésus au travers de sa Parole et qu’ils soient transformés de l’intérieur. Pourtant la réalité était que nos étudiants ne disposaient pas des outils nécessaires pour étudier la Bible seul ou en groupe. Notre souhait était donc de leur proposer une méthode d’étude qui les mettraient à l’aise pour étudier la Bible avec leurs amis et dans les groupes d’étudiants. Nous étions convaincus que cela donnerait aussi à nos étudiants le courage d’inviter leurs amis non-chrétiens à étudier la Bible avec eux, et leur offrir l’opportunité de rencontrer Jésus dans sa Parole.

En repensant à ces débuts, nous sommes remplis de reconnaissance et de joie pour ce que nous avons vu du plan de Dieu pour les étudiants chrétiens en Israël. La première fois que nous avons invité des étudiants à venir rencontrer Jésus à ce congrès au travers du livre de Marc, moins de 20 étudiants s’étaient engagés à nous rejoindre. Cette année, nous avons vécu le troisième congrès annuel consécutif et, pour la première fois, nous avons accueilli 110 participants ! Les étudiants commencent à partager comment ce congrès a façonné leur foi et leur a donné de nouveaux yeux pour lire les Écritures. De plus en plus d’étudiants lisent la Bible et remarquent des changements visibles dans leur vie.

Notre prière est de voir l’amour pour les Écritures et la passion que nous remarquons parmi nos étudiants avoir un impact sur le corps de Christ en Israël.

Rasha Saba, rasha@fcsi.ws
Coordinateur du ministère et de la formation parmi les étudiants arabes du FCSI Israël

Invité à rejoindre la mission de Dieu

« Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. (…)
(…) Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »
Jean 17.18 ; 20.21

Ces deux courts versets ont changé ma vie. C’était lorsque je rejoignis le groupe étudiant de l’ABUB Brésil lors de ma première journée à l’université de São Paulo. Je venais de commencer des études d’ingénieur agricole.

J’étais déjà chrétien. En fait, j’avais eu le privilège de grandir dans une famille dont la foi m’avait donné un amour pour le Seigneur à travers les Écritures. Pendant toute mon enfance et mon adolescence, je me souviens bien de l’habitude de notre famille de lire la Bible et prier ensemble avant d’aller dormir. Mon père était pasteur pendant plus de cinquante ans ; dès que j’appris à lire, il me demandait de lire la Bible pendant les visites pastorales fréquentes qu’il rendait auprès de nombreuses familles.

Pourtant, le fait de me rendre à l’université dans une autre ville, loin de ma famille, alors que je n’avais que 17 ans, me confronta à de grands défis. C’est ainsi que le groupe d’étudiants de l’ABUB Brésil devint le lieu où ma foi grandissait et rejoignait la mission, surtout la mission de Dieu dans mon propre contexte. Avec mes frères et sœurs chrétiens, je grandissais dans l’amour de notre Seigneur.

Petit à petit, trois vérités clés commencèrent à pousser et prendre racine dans ma vie. En premier lieu, Dieu est à l’origine de la mission ; c’est d’abord sa mission et nous avons le grand privilège de pouvoir y participer. Cela me toucha profondément de comprendre que ce fut d’abord Jésus qui fut envoyé dans le monde, et puis il nous envoya en nous donnant sa propre mission comme modèle. Deuxièmement, afin de comprendre ce que Dieu nous veut, il nous faut faire une rencontre personnelle et salvatrice plus profonde avec Jésus à travers les Écritures. Troisièmement, l’obéissance à l’appel de Dieu signifie être envoyés par lui pour interagir complètement avec le monde autour de nous, dans notre propre contexte, avec les gens et les défis que nous rencontrons dans notre réalité.

Dieu est le centre et à l’origine de la mission. Jésus est à la fois notre Sauveur et notre paradigme pour la mission : il a démontré une mission qui interagit profondément avec les gens et le contexte qui nous entourent. Ces petites leçons pourtant profondes ont formé une partie importante de ma vie et de mon obéissance dans la mission à travers ces années.

Ricardo Borges, Ricardo.Borges(at)ifesworld.org,
Secrétaire adjoint pour l’Interaction avec les Écritures.