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La Bible et la santé mentale

Imaginez que votre amie vous dit qu’elle veut se donner la mort, ce soir même. Imaginez le désespoir que vous voyez dans son regard. C’est certain : elle ne veut plus continuer à vivre. Le silence remplit la pièce. Que dîtes-vous ? Que pouvez-vous faire ?

La Nouvelle-Zélande a un taux de suicide très élevé chez les jeunes. Il est deux fois plus élevé que celui des États-Unis et cinq fois celui de la Grande-Bretagne. Pour de nombreux étudiants, le scénario ci-dessus n’est pas fictif mais reprend une conversation qu’ils ont vécue. 

Cette réalité m’est devenue apparente alors que je formais les étudiants à l’évangélisation l’année passée. Au fur et à mesure que nous étudions le contenu de l’Évangile et comment le partager, je remarquai leur incertitude sur comment interagir avec leurs amis qui souffraient de dépression et d’anxiété. Ils voyaient l’importance de les soutenir dans leur souffrance mais était-ce vraiment de l’Évangile qu’ils avaient alors besoin ? Comment pouvait-il être une bonne nouvelle pour eux ? 

J’ai compris qu’il existait donc deux besoins. Premièrement, les étudiants ont besoin de développer un « filtre chrétien » basé sur la Bible qui changerait leur regard sur les maladies mentales. Deuxièmement, les étudiants doivent aussi comprendre ce que sont l’anxiété et la dépression et comment elles se manifestent. Cela leur permettra d’être plus efficaces dans leur amour pour les personnes qui les entourent et dans le partage de l’Évangile avec celles-ci, pour la gloire de Dieu. Ainsi fut né l’événement de formation « La Bible et la santé mentale ».

Tim Capill, un pasteur de Christchurch, vint nous proposer un aperçu biblique sur l’origine et la solution de notre souffrance. À partir du Psaume 139, il partagea aussi six vérités sur Dieu auxquelles nous pouvons nous accrocher dans notre souffrance. Ce fut un excellent message qui nous donna un cadre pour comprendre la souffrance et, surtout, comment faire confiance à Dieu dans la dépression et l’anxiété. 

Dana Lee, une psychologue chrétienne spécialiste de la jeunesse et du traumatisme, anima deux séminaires qui se penchèrent sur la manifestation de la dépression clinique et de l’anxiété. Nous nous exerçâmes en binômes à l’aide de scénarios avec pour objectif principal d’améliorer notre capacité d’écoute. 

La participation fut formidable : plus de 50 étudiants vinrent pour apprendre. En tant qu’organisatrice, je fus encouragée de voir que ces étudiants ont désormais une meilleure compréhension et plus de compassion pour ceux qui souffrent de dépression et d’anxiété. Ils sont aussi plus assurés que le plus grand besoin de leurs amis concernés est le même que pour tous les autres : l’Évangile de Jésus-Christ. 

Candy Grice, équipière au sein de TSCF Nouvelle-Zélande

CandyG@tscf.org.nzLecture recommandée (par Sabine Kalthoff, Secrétaire de l’IFES pour l’Interaction avec les Écritures) : Mark Meynell, When Darkness seems my Closest Friend – Reflections on life and ministry with depression (en anglais). L’histoire franche d’un cheminement personnel avec des réflexions générales d’une grande utilité. Un livre qui mérite d’être lu.

Une précieuse ressource pour la formation et la mission

« La parole au centre » est une ressource très précieuse que nous avons utilisée dans la formation des nouveaux responsables étudiants à Jalisco. Ce fascicule a aidé les étudiants à approfondir leurs convictions concernant les Écritures, à cultiver leur amour pour la Parole et les a encouragés et mis au défi de vivre leur foi selon la Pa-role. Ce fascicule les a aussi encouragés à se confier dans le pouvoir et dans l’influence de la Parole.

Isaac a été l’un des premiers étudiants avec lequel nous avons commencé à voir chaque semaine les six aspects fondamentaux de l’interaction avec les Écritures que nous trouvons dans ce fascicule. Par conséquent, j’ai pu voir la manière dont Isaac a pu progresser dans sa vie personnelle et dans sa relation personnelle avec la Parole. Ainsi de manière naturelle, il pouvait voir la pertinence et l’importance d’engager la mission à l’université et cela lui donnait en son cœur une confiance accrue pour la mission, en ayant la bonne motivation.

Par ailleurs, le guide de questions que l’on trouve page 27 de la « Parole au centre » nous a aidés à nous approcher et à inviter de nouveaux étudiants aux groupes d’étude biblique du campus. Nous leur avons demandé la permission de leur poser des questions et lorsqu’ils étaient d’accord, nous avons commencé par leur demander s’ils avaient été en contact avec la Bible. S’ils répondaient par l’affirmative, nous leur demandions où et quand. De nombreuses fois, ils nous disaient qu’ils avaient été en contact avec la Bible. Cependant, lorsque nous avancions dans nos questions, ils finissaient par découvrir qu’ils ne savaient pas grand chose de la Bible. Et en s’en rendant compte, ils se sont montrés ouverts pour prendre part à un espace où ils pourraient en apprendre davantage sur la Bible. C’est à ce moment que nous les invitions à l’étude biblique à l’université. Beaucoup sont venus assister, d’autres au moins l’ont envisagé à une autre occasion.

C’est de cette façon que nous avons fait connaissance de Monica, une étudiante en biologie. Elle avait accepté d’assister au groupe d’étude biblique après un temps où nous lui avions posé les questions de la page 27. Ce jour-là, nous avons étudié Marc 2:13 à 17 concernant l’appel de Levi. Elle s’est montrée très ouverte et participative. Elle s’en est allée contente et est revenue la semaine suivante. Ainsi, elle a commencé à assister à l’étude biblique chaque semaine pendant le semestre et au fil du temps, notre amitié a grandi.

En tant qu’ouvriers dans le ministère, nous avons la responsabilité d’équiper les étudiants pour accomplir la mission de la meilleure manière et les aider à approfondir les Écritures. Ainsi, dans le but de former nos nouveaux responsables étudiants, nous nous appuyons sur cette précieuse ressource de « La Parole au centre ».

Rosa Angélica Ramírez Blanco
Equipière à Jalisco
Compañerismo estudiantil

Un message de transformation

Je suis OFS, coordinateur des groupes bibliques au Nicaragua. 2018 et 2019 ont été des années cruciales, qui ont apporté leur lot de surprises et de changement pour moi, pour mon pays et pour le mouvement étudiant. Que s’est-il passé au juste au Nicaragua ? En avril 2018, les étudiants ont manifesté pour protester contre le manque d’intervention lors de l’incendie de forêt d’une importante réserve du pays, des jours après la publication d’une réforme de la sécurité sociale qui affectait les minorités. Cela a provoqué la sortie dans la rue de centaines de personnes pour réclamer la justice. Des scènes de violence, la mort et la répression de la part des autorités ont suivi au fil des jours. Dans ce contexte, des organisations de défense des droits de l’homme ont signalé ces morts, ces exilés et les centaines de personnes disparues depuis ces événements.

Les universités ont été fermées pendant 8 mois. Le pays a été paralysé. Le désespoir était là. Des questions ont surgi. Comment apporter l’espérance dans notre contexte ? Et comment poursuivre l’œuvre parmi les étudiants sans université ?

Je suis retourné chez moi anxieux, en cherchant à continuer à relever le défi d’assumer la mission. J’ai décidé de réunir avec moi mes amis et des jeunes de l’église pour nous approcher des Écritures. Cela nous a donné de la force et du sens au milieu de la douleur et de l’agonie. Nous avons utilisé le fascicule « La Parole au centre » et des outils comme « Écrire un psaume ». Cela a été libérateur. Notre spiritualité a été confrontée. Nous étions désolés de ne pas pouvoir répondre au groupe biblique en raison du caractère délicat du contexte. Nous nous sentions impuissants parce que nos actions auprès de notre prochain étaient limitées. Placer nos tourbillons de pensées et les exposer à la lumière des Écritures nous a rendu le calme. Ouvrir notre cœur à Dieu et aux uns aux autres nous a aidés à faire l’expérience d’une foi qui se transforme en action et qui est mise en évidence par le moyen de l’interaction avec les Écritures. La prière également est devenue une invitation à l’action.

J’étais en exil. Je suis revenu dans mon pays parce que je veux être sel et lumière durant cette saison de l’histoire que Dieu m’a donné de vivre. Je crois en effet que si nous changeons l’université, nous changerons le Nicaragua, nous changerons le monde, parce que nous devons continuer de proclamer le message prophétique d’un Dieu de véritable PAIX, JUSTICE et AMOUR. Je me suis rendu compte que là où il y a un étudiant, là aussi il y a l’œuvre parmi les étudiants. Cette conviction nous la poursuivons en tant qu’étudiant, l’appel à être des arbres porteurs de justice, des ambassadeurs de la foi. C’est là notre engagement. C’est uniquement avec et à travers Jésus que nous pouvons changer notre réalité, notre Nicaragua.

De tout cœur, nous nous accrochons à l’espérance unique et rédemptrice de Jésus !

À la rencontre d’une étudiante internationale avec des conséquences profondes

Je m’appelle Masha et je suis encore étudiante. Mon père n’est pas croyant ; il travaillait pour les services de sécurité de l’État jusqu’à sa retraite. Ma mère était chrétienne mais elle est décédée quand j’avais neuf ans. Je connaissais la vérité depuis mon enfance mais elle ne m’inspirait pas. Je ne m’intéressais pas vraiment à la vie après la mort, au créateur de ce monde et autres questions profondes. Même si je savais que Dieu existait, je n’avais aucun désir d’être en relation avec lui. Puis, après un camp d’été chrétien, à l’âge de 19 ans, j’ai commencé à fréquenter l’église et six mois plus tard, j’ai accepté Jésus.

Je me suis impliquée dans le ministère parmi les étudiants internationaux. J’ai vu qu’il existait un grand besoin de servir ces étudiants qui souffrent de solitude parce qu’ils sont loin de leur famille et de leur foyer. Parmi eux se trouvait Katia (nom changé), une fille originaire de l’un des pays les plus fermés de l’Asie centrale. Elle venait d’un arrière-plan traditionnel orthodoxe mais avait très peu de connaissances sur Dieu et sur la Bible. Elle a commencé à fréquenter l’église à cause d’une amie qui y allait. Après deux mois, elle a cessé ses visites.

J’ai décidé de faire le premier pas et de lui proposer de se rencontrer. Elle a refusé plusieurs fois, disant qu’elle était trop occupée par ses études. Elle a fini par trouver un jour de disponible et nous avons passé du temps ensemble. Nous avons bien discuté. J’ai partagé mon histoire et je lui ai proposé de lire la Bible ensemble. (Au début de ma vie chrétienne, quelqu’un avait aussi lu la Bible avec moi.) Je n’avais jamais encore invité quelqu’un à lire la Bible avec moi. J’avais un peu peur car je n’avais aucune idée de comment conduire une étude biblique. J’étais très contente quand elle a accepté et nous avons commencé à nous rencontrer chaque semaine. Pendant nos réunions, elle posait beaucoup de questions sur le christianisme et l’Évangile. Sa stratégie était de parler peu et de poser beaucoup de questions. Mais ça me plaisait ! Et j’étais très encouragée quand elle a commencé à revenir à l’église.

Pendant le forum international pour étudiants que nous avons organisé, Katia a entendu beaucoup de choses sur Jésus et son amour. Elle a aussi fait trois rêves dans lesquels elle essayait de s’échapper du diable et Jésus la sauvait. Suite à ce forum, elle a accepté Jésus. Elle vient maintenant à l’église et aux réunions pour étudiants internationaux et nous continuons évidemment notre étude biblique personnelle. C’est émouvant de voir combien elle a grandi dans sa vie spirituelle. Elle s’est fait baptisée en mai. Elle a dit : « Je ne crois pas que ce soit un hasard que Dieu m’ait amenée dans ce pays ! »

Masha, étudiante en linguistique en Eurasie

Des messagers d’espérance – L’université dans l’histoire de Dieu

Le thème de l’Assemblée mondiale fut développé dans une série d’exposés bibliques basés sur Luc et les Actes. Le passage suivant est un extrait de l’un de ces exposés. Vous pouvez l’écouter dans son intégralité ainsi que les autres exposés bibliques de l’Assemblée mondiale sur https://ifesworld.org/fr/assembleemondiale/.

Veuillez lire Actes 1:1-11 avant de continuer la lecture de cet article.
Dans son exposé sur Actes 1, Janna Louie d’InterVarsity/USA nous invite à avoir une espérance plus profonde, une espérance qui apporte un sens et de la perspective à notre vie et à notre monde brisé.

Jésus redéfinit la puissance pour les apôtres. Non seulement l’Esprit de Dieu se manifestera-t-il à travers ce que le monde estime être faible mais l’Esprit est donné à un peuple brisé et vulnérable. Par cette redéfinition, Dieu approfondit leur espérance. L’Esprit de Dieu n’est pas auto-protecteur. L’Esprit de Dieu n’est pas nationaliste. Au contraire, l’Esprit fait grandir leur espoir de ce qui est possible.

Les apôtres s’attendaient à ce que le Roi Jésus restaure le royaume d’Israël mais la restauration sera plus grande que ce qu’ils espéraient pour Israël. Au lieu de se voir simplement comme des victimes qui ont besoin de justice, ce sont des témoins qui témoignent de la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Dans la perspective qui leur est accordée, ils ne sont plus les opprimés : au contraire, ils portent le témoignage de Jésus au-delà des frontières et des limites forgées par l’empire. Les murs érigés par des superpuissances ne peuvent plus les retenir : ils rejoignent désormais l’Esprit de Dieu pour traverser les murs construits par les hommes. Leur témoignage ne sera pas confiné à Jérusalem uniquement mais sera entendu par tous ceux qui se trouvent en Judée, en Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. Par cette déclaration, Jésus approfondit leur vision de la restauration du royaume d’Israël. Le témoignage de Jésus ne sera pas confiné uniquement aux Juifs mais sera manifesté à travers eux envers les non-Juifs. Leur espérance s’étend au-delà de leur communauté pour inclure les non-Juifs – et même l’oppresseur. L’espoir d’être libéré de l’oppression n’est pas suffisant. À la place, Jésus invite une communauté vulnérable à être l’intendant de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, même envers ceux qui les rendent vulnérables.
[…]
La puissance du Saint-Esprit est d’abord une invitation à voir Jésus ressuscité là où nous vivons. À voir notre patrie avec les yeux de Jésus. À être des témoins de l’espérance de Jésus là où nous sommes le plus vulnérables. La puissance de l’Esprit est la puissance qui nous permet de persister dans les lieux qui nous font souffrir. Le commandement de recevoir la puissance de l’Esprit n’est pas une solution facile. C’est une puissance qui se refuse de conquérir et de dominer mais qui persévère à travers la souffrance. Pour toucher et guérir. Pour pleurer et faire le deuil. Pour attendre avec espérance. C’est la puissance de témoigner de la vie de Jésus là même où nous vivons. […] La puissance du Saint-Esprit invite un peuple vulnérable à transformer le monde autour d’eux.

Vous pouvez écouter l’exposé en son intégralité ici.

À table

Il y a eu plusieurs moments d’émerveillements qui ont entièrement changé ma vie, en particulier la manière dont je vois Dieu et le ministère. Un de ces moments s’est passé au cours de l’Assemblée mondiale de l’IFES en 2007 au Canada. Les exposés bibliques de l’Evangile de Luc par Peter Kuzmic (Croatie), Jacques Buchhold (France) et Ziel Machado (Brésil) nous amenaient à poser des questions et nous ont interpelés. Je retiens en particulier le premier exposé de Ziel Machado et en même temps, cela m’a fortement marqué. Je ne pouvais pas le laisser jusqu’à la mise en pratique. Ziel Machado a mené une réflexion sur l’endroit où notre ministère est exercé : la table qui est un lieu d’acceptation, de communauté et de bonté ; par contraste, le bureau est un lieu où l’on mène ses affaires, où l’on produit des résultats et où l’on poursuit le succès.

Cela m’a tellement interpelé personnellement alors que je repensais à mon engagement dans le ministère. Est-ce que je le menais depuis la table ou depuis mon bureau ? Dans le même temps, j’avais servi pendant quatre années en tant qu’équipier dans mon mouvement national, le Student Christian Organization au Malawi (SCOM). A ce moment-là, j’avais encore dix années de service devant moi. Dieu m’a clairement parlé pour me dire que le ministère étudiant devait être fait à table, là où les étudiants devaient se sentir accueillis, là où ils pouvaient être équipés pour former de solides communautés de croyants, une manière d’amener Christ dans les universités. Cela a changé mon implication dans le ministère étudiant. J’ai pris cette Parole à la lettre comme une parole venant de Dieu et j’ai ouvert ma maison aux étudiants, en transformant la table de chez moi en un lieu de ministère. De nombreux étudiants ont mangé à cette table. Elle est devenue un lieu de discipulat et d’évangélisation pour tant de jeunes.
A ma table, les étudiants qui avaient des difficultés au niveau académique ont grandi en confiance et ont mieux réussi. Autour de cette table, Christ s’est révélé à de nombreux étudiants et leur ont donné un but pour leur vie. A cette table, des relations brisées ont été restaurées. C’est à cette table que les étudiants ont trouvé des partenaires pour la vie. Réunis autour de cette table, les étudiants ont pu apprendre de Christ. A la table de ma famille, les étudiants ont vu la fragilité de notre humanité et la suffisance de la grâce de Dieu à travers les interactions avec ma femme, notre fils et moi-même, en interagissant avec la Parole de Dieu et en lui permettant de susciter des fruits extraordinaires dans nos vies. La Parole de Dieu doit toujours pouvoir aller de la tête au cœur, puis des mains aux pieds. C’est là que nous faisons l’expérience d’une transformation véritable.

Duncan Chiyani, Secrétaire régional adjoint pour l’Afrique australe, région Afrique anglophone et lusophone

Partager la Parole dans le contexte du ministère étudiant

La Bible occupe une place centrale dans le ministère étudiant. Autour des Écritures saintes, nous organisons notre vie de consécration, nos activités de formation, notre dialogue avec l’université et nos initiatives d’évangélisation. La valeur importante des Écritures nous sert de fondement aux trois étapes que je prends en considération lorsque j’expose la Parole dans nos rencontres.

1ère étape : l’étude sérieuse du passage Biblique et l’effort pour l’appliquer de manière fraîche et opportune

On nous enseigne fréquemment sur l’importance d’une lecture profitable des Écritures. Nous apprenons une variété de méthodes d’étude biblique et nous apprenons à utiliser les nombreuses ressources complémentaires. Cela nous permet d’avoir une approche du texte qui soit adaptée. Il en est ainsi depuis les étapes de début d’une étude jusqu’à la capacité que quelques-uns ont de bien travailler dans les langues originales. Nous avons le défi d’utiliser toutes les ressources à notre disposition pour faire une lecture adéquate et juste du texte. Par ailleurs, nous avons besoin de trouver les chemins qui nous permettent de mettre en application les leçons apprises d’une manière fidèle, opportune et fraîche à notre audience. « Car toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à ce qui est juste. Ainsi, l’homme de Dieu se trouve parfaitement préparé et équipé pour accomplir toute œuvre bonne. » (2 Timothée 3 : 16-17).

2ème étape : soutien dans la prière

La nature de la tâche de l’exposé biblique implique un soutien permanent dans la prière. Car, dans ce processus, il s’agit d’exposer le cœur de tous ceux qui sont impliqués (ceux qui servent et ceux qui écoutent) devant la parole du Dieu éternel. Tout comme je l’ai une fois entendu de la part d’un maître, « la fonction de l’exposé biblique est de consoler celui qui est abattu et d’interpeler celui qui est confortable. » Personne ne doit rester indifférent face à la Parole, ni celui qui expose cette Parole ni celui qui l’écoute. Comme l’a dit l’apôtre Paul, « priez en particulier pour moi. Demandez à Dieu de me donner, quand je parle, les mots que je dois dire pour annoncer avec assurance le secret que révèle l’Evangile. C’est de cet Evangile que je suis l’ambassadeur, un ambassadeur enchaîné. Priez donc pour que je l’annonce avec assurance comme je dois en parler. » (Éphésiens 6 :19-20)

3ème étape : se rendre accessible à ceux qui nous écoutent

L’un des moments d’apprentissage, dans la dynamique d’exposition des Écritures, c’est le moment où je cherche à être accessible pour écouter ceux qui m’écoutent. Voir comment ils ont compris le texte enseigné et comment ils le mettent en pratique dans leur vie, entendre leurs questions, leurs suggestions et leurs questionnements. Cela enrichit grandement mon processus d’apprentissage continu dans le ministère d’exposition de la Parole. Nous devons chercher ces moments et apprendre à écouter d’une manière attentive, humble, révérencieuse et respectueuse de nos frères et de nos sœurs qui ont reçu le message « avec la joie que produit le Saint-Esprit. … [Ils sont] devenus, à [leur] tour, des modèles pour tous les croyant ». (1 Thessaloniciens 1:6-7)
Ce sont trois étapes simples que je cherche à suivre dans le ministère d’exposition de la Parole du Seigneur.

Ziel Machado, ancien Secrétaire régional de l’IFES pour l’Amérique latine

Signets d’étude biblique pour les différents genres littéraires de la Bible

Dans beaucoup de groupes d’études bibliques, les choses se passent ainsi : une fois rassemblés, on lit un passage de la Bible. Après un court moment de silence, une personne aborde son sujet préféré vaguement en lien avec le texte. Cela pourrait être la prédestination, le baptême ou la politique internationale. Tous ces sujets sont importants mais on y perd l’objectif de la réunion : de partager autour d’un passage biblique et laisser Dieu nous parler.

Lors de l’Assemblée mondiale de l’IFES 2015 au Mexique, j’ai découvert le signet d’étude biblique produit par InterVarsity/USA qui sert de guide pour une étude biblique inductive. De retour en Allemagne, je l’ai traduit pour notre contexte. C’était excellent : les étudiants se concentraient plus et utilisaient la direction du signet pour mieux creuser le texte.

Tant que nous lisions les Évangiles, ce signet nous servait bien. Pourtant, lorsque nous étudions d’autres types de textes bibliques, tels que la littérature prophétique, poétique ou apocalyptique, il s’avérait plus difficile d’utiliser le signet. Par exemple, nous avions du mal à lire la loi de l’Ancien Testament de la même manière que nous lisions les Évangiles car nous ne pouvions pas simplement appliquer la loi à notre propre vie. Quelques étudiants ont demandé : « Pourquoi devrais-je suivre Jésus et non toute la loi de l’Ancien Testament ? Les deux se trouvent dans la Bible et viennent de Dieu… Et que faire des Psaumes qui parlent de vengeance ? Le Christ ne nous enseigne-t-il pas à aimer notre ennemi ? »

Nous avons compris qu’il nous fallait différentes questions pour les différents genres littéraires des Écritures. Quand on lit des textes narratifs, on observe les actions et les paroles des différents personnages, l’évolution de l’histoire et l’œuvre de Dieu à travers le tout. Quand on lit des textes prophétiques, l’observation cherche plutôt à identifier les injustices sociales, morales ou religieuses qui y sont abordées. Les textes poétiques utilisent souvent des images pour transmettre leur message et il faut donc accorder une attention particulière à celles-ci. De même, quand il s’agit d’interprétation, les questions seront différentes selon le type de texte biblique.

Après un certain temps, nous avons développé des signets d’études bibliques pour chacun des sept genres : les récits, les épîtres, les passages prophétiques, les textes poétiques, la loi de l’Ancien Testament, les livres de sagesse et la littérature apocalyptique. Pour chaque genre, les questions proposées pour l’étude biblique correspondent aux caractéristiques théologiques et littéraires du type de texte. Vous les trouverez ici.

Markus Heide, le responsable du ministère étudiant SMD, nous parle de ces signets : « Je vois leur valeur quand ils aident les groupes étudiants à dénicher le trésor des Écritures au lieu de n’entendre que ce qu’ils savent déjà. Je vois leur valeur quand ils aident un chrétien lire la Bible avec un ami non-chrétien pour faire des découvertes ensemble, au lieu du chrétien qui expliquerait tout au non-chrétien. »

Fabian Mederacke, ancien membre du personnel régional de SMD Allemagne
fmederacke@gmx.de

Une étude biblique qui s’est beaucoup multipliée

En tant qu’étudiante, j’ai eu l’occasion de rejoindre un groupe d’étude biblique en plus de nos réunions hebdomadaires de FES. Nous nous retrouvions une fois par semaine pendant les semestres. Nous avions appelés le groupe « Les chirurgiens de la Bible » parce que nous voulions disséquer la Parole, la découvrir et appliquer ces découvertes à notre vie. Nous ne voulions pas simplement entendre les résultats de l’étude de quelqu’un d’autre mais interagir nous-mêmes avec les Écritures. Ces études m’ont enseignée à lire les passages de la Bible à travers les yeux de différentes personnes, avec différentes perspectives et différents points d’accès. Cela m’a été très précieux pour ma découverte de Dieu et de sa Parole.

Notre équipière FES, Annette Arulrajah, animait le groupe des chirurgiens de la Bible. Cette expérience m’a aussi enseignée à animer des études bibliques. En tant qu’étudiante, j’observais surtout comment Annette dirigeait. Ce n’était pas compliqué car elle expliquait pourquoi elle faisait certaines choses – même s’il lui fallait répéter à l’identique chaque semaine ! Nous avons ainsi étudié des livres de la Bible tout en apprenant comment mener des études. Grâce à Annette, j’ai appris que l’on pouvait diriger une étude biblique avec une personne ou avec cent. J’ai découvert que l’interaction avec la Parole pouvait être intéressante, participative et vivante. Je pense que la chose la plus importante que j’ai apprise était comment mener une étude biblique de telle façon à ce que les étudiants apprennent à étudier la Parole par eux-mêmes et soient équipés pour conduire une étude biblique avec d’autres.

Ce qui m’inspire à continuer de mener des études bibliques avec d’autres personnes est le désir de voir les étudiants découvrir pour eux-mêmes qui Dieu est, à travers Sa Parole. La Parole est vivante et nous parle encore : elle peut donc nous percer le cœur et nous ramener à Dieu – si nous lui laissons faire. J’ai souvent vu des étudiants tellement émus par la Parole qu’une porte s’ouvrait pour de profondes conversations et qu’ils prenaient de nouveaux pas de foi. Pour moi, quand j’accepte d’accompagner un étudiant, l’important c’est de me rappeler de le faire avec la Parole de Dieu et non mes propres mots.

Je mène des études bibliques et j’y forme d’autres personnes depuis onze ans. Je remercie le Seigneur que cela a permis à beaucoup d’autres étudiants de commencer à diriger des études bibliques à leur tour !

Beatrice Leong, beascuits@gmail.com
Équipière du FES Malaisie jusqu’en 2018

Transformée par le prophète qui pleure – Comment Dieu a changé ma façon de prier à travers le livre de Jérémie

(écrit par Paula, Eurasie)

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire l’histoire de mon cheminement avec le livre de Jérémie, je dois avouer avoir ressenti quelques hésitations… Cela voulait dire revisiter une période qui était pour moi une croissance douloureuse – même si la lutte était pour une bonne cause !

Le livre de Jérémie m’a accompagnée alors que j’essayais de faire du sens de mémoires familiales difficiles et de douleurs intergénérationnelles. L’appel et la vie de Jérémie était évidemment bien différents des miens mais l’histoire de Jérémie et plus particulièrement sa relation avec Dieu pendant plusieurs dizaines d’années, m’ont appelée à une connaissance plus profonde de la vie de disciple au fil de mes rencontres avec Dieu à travers ces « textes de désastre ».

Jérémie a reçu l’appel de prêcher à la nation rebelle d’Israël alors qu’il était encore jeune et faible. Il a enduré un ministère apparemment sans fruit, ainsi que la solitude, l’emprisonnement et la moquerie. Malgré tout ce que cela lui a couté personnellement, Jérémie a persévéré : dans sa relation avec Dieu, dans l’amour pour son peuple (même s’il s’en arrachait les cheveux !) et dans le service du Dieu de l’espoir même quand il lui était impossible de voir d’où viendrait le salut.

Comment parler à Dieu lorsque tout ce qui nous semble familier et nécessaire à la survie nous est arraché, démonté et révélé n’être que de la paille ? Quels mots trouver lorsqu’on s’enfonce dans le désespoir ?

Les descriptions poétiques que Jérémie donne de Dieu (par ex. 2:13, 2:32, 18:6, 50:44) et ses complaintes envers Dieu (ses « confessions » des chapitres 11 à 20), colorées, sans retenue, franches au point d’être choquantes étaient pour moi comme un ouvre-boîte qui m’exposait à ma propre douleur et me permettait d’apporter ma propre expérience à Dieu avec une honnêteté à vif et des mots que je n’avais jamais osé prier. Ma réserve britannique m’en avait retenue – ou peut-être était-ce que je n’avais pas vraiment voulu confronter ces luttes profondes que Dieu aime tant racheter ?

Il m’a fallu apprendre le langage de la lamentation – au-delà de la louange et de la pétition – afin d’avoir un dialogue avec Dieu dans la réalité même de la lutte et de la douleur. J’avais besoin d’être rassurée que le Dieu que je rencontre dans le livre de Jérémie – un Dieu solide qui n’est pas troublé par les poings levés par Son peuple – est le même Dieu qui transforme et amène l’espérance à Son peuple en Christ. J’ai commencé à demander à Dieu de se montrer à moi comme Celui qu’il disait être.

L’amertume de l’expérience de Jérémie avec son peuple et sa lutte avec Dieu, et non contre Lui, m’ont appris à pleurer les fautes du passé chez ma famille. J’ai pu faire le deuil de ce qui était perdu et me permettre de ressentir de la peine face à l’injustice, et ne plus permettre à l’ordre ancien de continuer, ne serait-ce que dans mon cœur. Le livre de Jérémie nous montre qu’en tant que croyants, nous invoquons un Dieu qui sait transformer le cœur des gens : le Dieu vivant peut faire naître la nouveauté du néant, la repentance de la rébellion, une bonne manière de vivre suite au regret.

Livres pour lectures complémentaires :
Walter Brueggemann, Hopeful Imagination: Prophetic Voices in Exile.
Eugene H. Peterson, Run with the Horses: The Quest for Life at Its Best.