Archives de l’auteur : Ricardo Borges

Transition de leadership

Être vivant implique toujours des changements. En septembre 2021, Ricardo Borges a succédé à Sabine Kalthoff au leadership du ministère de l’Interaction avec les Écritures de l’IFES. Sabine emploiera 30% de son temps pour continuer à servir l’IFES en tant que Secrétaire pour la Formation spirituelle, alors que la majorité de son ministère sera dévoué à un rôle pastoral au sein d’un établissement d’enseignement supérieur local. Ricardo et Sabine se sont interrogés réciproquement sur la transition à venir.

Ricardo, raconte-nous une expérience clé de tes quatre années en tant que Secrétaire associé pour l’Interaction avec les Écritures.

J’ai vécu tant d’expériences positives. L’une était de voir tous ces membres du personnel et tous ces étudiants, dans différentes régions du monde, ouvrir leur Bible pour explorer la Parole de Dieu afin de répondre aux enjeux de leur propre contexte. C’est vraiment phénoménal de faire l’expérience que la Parole de Dieu est pertinente pour l’ensemble de notre vie.

Ricardo, qu’est-ce qui te motive à continuer dans le ministère international de l’Interaction avec les Écritures ?

Le fait que nous avons une Union mondiale avec une telle richesse qui découle de la diversité des gens, des cultures et des différents arrière-plans. J’ai hâte de voir comment nous grandirons dans les différentes perspectives qui nous permettent de mieux écouter le Seigneur à travers les Écritures. Je suis impatient de voir nos partenariats se développer afin de témoigner du Seigneur dans nos différents contextes.

Sabine, raconte-nous un souvenir précieux de tes dix années en tant que Secrétaire pour l’Interaction avec les Écritures.

Oh, il y en a tellement qu’il est difficile de choisir. Un souvenir vient d’une consultation de l’IFES sur la formation qui a eu lieu au Ghana. J’avais animé une étude biblique après laquelle un collègue du Nigéria est venu me partager comment la Parole de Dieu lui avait parlé. J’étais remplie d’émerveillement – la Parole de Dieu parle au-delà des cultures. Je le savais déjà mais c’était complètement différent d’en faire l’expérience. Cela a fait grandir ma confiance et mon émerveillement par rapport à la Parole de Dieu.

Sabine, à quoi ressemblera ton nouveau rôle avec l’IFES ?

En tant que Secrétaire pour la Formation spirituelle, mon souhait est d’aider le personnel à s’épanouir dans sa relation avec Jésus. À l’IFES, nous sommes habitués à travailler dur mais nous oublions parfois de laisser la place dans notre vie pour que Dieu nous rencontre, nous nourrisse, nous façonne – comme individus et comme équipe. Mon souhait est d’aider à développer cette habitude, par exemple, en animant des séances d’Interaction avec les Écritures avec le personnel, en organisant des retraites du personnel et en cheminant aux côtés de personnes individuelles. (Vous pouvez lire la suite ici.)

Alan est venu à Dieu

* Les noms ont été modifiés en raison du caractère sensible des lieux.

[Photo by Erika Giraud on Unsplash]

Je veux partager avec vous comment je suis venu à Dieu. Je ne le cherchais pas – il m’a trouvé. Il est venu à moi au moment le plus difficile de ma vie. Je suis arrivé à un point où je voulais me suicider.

C’était quelque chose d’inattendu. Je marchais près de mon université. J’ai vu cette étudiante distribuer des dépliants. Je suis allé vers elle, et d’une certaine manière cette personne semblait briller. Après avoir pris ce dépliant, j’ai réfléchi longtemps. Et j’ai finalement décidé d’aller à cette réunion. Ce soir-là, la discussion portait sur la vérité et elle s’est conclue par cette pensée : « la vérité vous rendra libre ». Ça m’a frappé.

« Mais pour nous, en tant qu’équipier, Alan semblait très douteux. Il a posé beaucoup de questions sur qui nous sommes. Mais il semblait aussi avoir beaucoup de vraies questions sur la foi. Nous nous sommes demandé s’il était un espion, alors nous avons choisi de ne pas le rencontrer. Nous lui avons dit qu’il pouvait lire la Bible s’il voulait trouver des réponses à ses questions.

C’est ce qu’il a fait ! Il a téléchargé la Bible sur son téléphone et a cherché sur Google par où commencer la lecture. Il a commencé avec l’évangile de Jean. C’était à la lecture des Écritures qu’il a pu prendre la décision de suivre le Christ. »

Je suis allé voir les équipiers de l’IFES et j’ai dit : « Je veux connaître Dieu, connaître Jésus et grandir en lui ». Dieu a commencé à tout changer dans ma vie. Mes amis m’ont rejeté. Quand j’ai lu la Parole de Dieu, cela m’a conduit à pardonner à mes parents. Ils ont été étonnés – et ont commencé à se demander pourquoi.

« Nous avons découvert plus tard que le père d’Alan travaillait dans le département des affaires religieuses du ‘KGB’ dans notre pays. C’est pourquoi il semblait si bien connecté et curieux. Pourtant, son intérêt était sincère ; nous avons commencé à le rencontrer pour une étude biblique individuelle. »

Quand mes parents ont appris que j’allais à des études bibliques, ce fut un choc pour eux. « Nous n’avons pas besoin d’un fils comme ça. » Je me suis demandé quoi faire. Mon père a dit « Tu choisis : la famille ou Dieu ». J’ai donc commencé à rassembler mes affaires.

Puis mes parents ont dit : « Reste, nous allons te tirer d’affaires ». Je ne suis pas allé à l’église pendant deux semaines. J’ai rencontré différentes personnes. J’ai rencontré un mollah. Ils m’ont emmené à la mosquée, et à travers tous ces contacts, j’ai compris qu’il y a quelque chose dans mon cœur, que le salut est en moi, c’était incroyable. J’ai commencé à demeurer dans la Parole de Dieu et j’ai compris à quel point Dieu m’aime. Je suis reconnaissant à Dieu qu’il y ait ce ministère par lequel je suis venu à Dieu.

« Pendant ce temps, nous avons étudié 1 Pierre avec Alan, sur la manière de s’attacher fermement à Jésus au milieu des souffrances. Il a dit : « J’ai senti que cela a été écrit juste pour moi ». Alan était étudiant en dernière année. Et il a dit qu’il ne voulait rien faire d’autre dans la vie que d’aider les autres à trouver le Christ. Il a maintenant rejoint notre mouvement IFES en tant que stagiaire dans une autre ville où il peut avoir plus de liberté vis-à-vis de ses parents. Sa passion est d’aider les autres à rencontrer Jésus dans sa Parole. »

 

Nina: Professeur et en recherche

* Les noms ont été modifiés en raison du caractère sensible des lieux.

[Photo by Ifrah Akhter on Unsplash]

Nina est une femme remarquable. Elle est une mère célibataire qui occupe plusieurs emplois pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle est professeur d’université et professeur de langue privée pour les enfants locaux et étrangers qui ont besoin d’apprendre une langue locale. Même avec un tel emploi du temps, elle a le temps de réfléchir et de rêver à ce que pourrait être la vie.

Nina est issue d’un groupe ethnique minoritaire dans un pays à majorité musulmane en Asie. Cette ethnie a très peu de croyants… et elle ne suit pas encore le Christ elle-même. Mais en entendant son histoire, il est clair que le Dieu de toute la création la poursuit…

Il y a eu des « travailleurs » sud-américains qui se sont liés d’amitié avec elle et l’ont aidée à traverser des moments difficiles. Il y a eu l’invitation fortuite à travailler dans une école privée fondée par des chrétiens. Il y a eu les nombreuses amitiés qu’elle a nouées, les conversations sur la foi et la façon dont elle a vécu une atmosphère de travail différente lorsqu’elle était entourée de croyants en J.

Marie, une étudiante plus âgée et une croyante mûre, a souvent prié pour elle. Elle a observé et attendu les occasions de partager la Parole avec elle. La patience de Marie ne signifiait pas l’inaction mais une prière active. Pendant ce temps d’attente et de prière, l’amitié et la confiance ont grandi. Nina a commencé à parler à Marie de sa famille et de son histoire. Elle a fait part de ses espoirs et de ses rêves. Quand Nina a eu un deuil dans sa famille, elle a parlé à Marie de la mort, ce qui a donné l’occasion de partager un verset des Saintes Écritures. Mais le grand désir de Marie était de lire la Bible avec Nina, afin que Nina puisse entendre parler de Dieu et le rencontrer dans Sa Parole …

Au bout d’un moment, Nina elle-même a demandé à Marie si elles pouvaient lire la Bible ensemble. Nina a invité Marie, et non l’inverse – et de là a commencé un rythme de rencontres en dehors des leçons et de lecture des Écritures ensemble.

Marie a accompagné Nina à travers la Bible, en commençant par le début… et en lui faisant découvrir le grand récit des Écritures. Elle lui a présenté Dieu dans ces histoires et elle a vu ses interactions avec les gens. Elles ont retracé la grâce de Dieu à travers la Bible, ce qui les a conduit à l’histoire de la bonne nouvelle.

Marie a demandé à Nina de trouver les passages, de les lire à haute voix et de résumer ce qu’elles avaient lu ensemble. De cette façon, elle a appris par elle-même le grand récit de l’amour et du dessein de Dieu.

Pendant une partie de la pandémie de coronavirus, elles se connectaient même tous les jours et lisaient l’Évangile ensemble. Nina a appris à prier et à lire avec cette bonne amie chrétienne.

Et même si la Bible, dirait-elle, n’est pas encore « son » livre, Nina a partagé ces histoires qu’elle entendait et apprenait avec ses amis parce qu’elle était tellement émue par ce qu’elle lisait et tellement convaincue que ces histoires seraient d’une aide pour ses amis…

Cours « Fondations de l’Interaction avec les Écritures »

Nous sommes heureux de vous annoncer que le cours en ligne « Fondations de l’Interaction avec les Écritures » va bientôt commencer. Il s’agit d’une formation destinée aux responsables étudiants et aux équipiers qui servent dans le ministère au sein de leurs mouvements nationaux. Cette année, le cours sera donné deux fois : un groupe débutera le 12 avril, et un autre le 9 août. Chaque groupe verra les parties 1 et 2, qui durent huit semaines, avec une semaine de pause entre les deux. L’inscription au cours comprend d’office ces deux parties de la formation.

[Photo by Debby Hudson on Unsplash]

Nous nous attendons à ce que vous consacriez au moins une à deux heure par semaine, idéalement deux à quatre heures, afin d’étudier le contenu du cours et interagir avec d’autres personnes sur les forums, ainsi qu’un ou deux appels Zoom sur la durée de la formation.

À travers ce cours, nous avancerons ensemble dans l’approfondissement de nos fondations vis-à-vis des Écritures et dans le renouvellement de notre vision de la Parole et de ses richesses.

C’est une belle occasion d’apprendre et de grandir ensemble avec des coordinateurs de l’équipe de l’Interaction avec les Écritures, d’échanger avec des gens de différents contextes et régions, ainsi que d’explorer les questions que vous avez, d’écouter et d’apprendre des autres ailleurs dans le monde en vue d’un enrichissement mutuel.

Si vous êtes étudiant ou équipier et que vous souhaitez participer au cours « Fondations de l’Interaction avec les Écritures », inscrivez-vous via le lien. Veuillez noter que vous serez inscrit dans la langue dans laquelle vous lisez le formulaire : en anglais, espagnol ou français. Si vous souhaitez vous inscrire dans une autre langue, si vous avez des questions ou que vous aimeriez en savoir plus, n’hésitez pas à écrire à cette adresse e-mail : scriptureengagement@ifesworld.org.

Ce sera une joie de vous avoir dans l’équipe !

De la crainte a l’esperance

Le COMPA avait planifié son rassemblement national étudiant, un événement très attendu, pour avril 2020. La Covid-19 avait déjà gâché certains de mes plans et mis ma dernière année à l’université sens dessus dessous. Le 30 mars, les autorités sanitaires mexicaines ont déclaré un confinement d’envergure nationale, et je suis passé du statut d’étudiant sur le campus à celui d’étudiant en ligne du jour au lendemain. Qu’allait-il arriver à mes plans, mes rêves et mes objectifs de l’année ? Tout était annulé au fur et à mesure ; c’était à la fois triste et frustrant. Cependant, j’ai pu voir la main de Dieu car ma famille était en bonne santé et nous avions les ressources nécessaires.

Le COMPA a annoncé que le camp national se tiendrait en ligne. J’étais très heureux de l’apprendre et, en même temps, triste sachant que je ne verrais pas en personne mes amis qui habitaient dans d’autres régions du pays. Dieu m’a surpris en me montrant qu’il nous donnait une communauté malgré la distance et cette période tourmentée. Près de 1000 personnes se sont inscrites, dont 700 aux études bibliques en ligne.

Quand on m’a demandé de mener l’une d’entre elles, j’ai accepté. J’étais plus que partant puisque j’avais un peu d’expérience dans les études bibliques à distance grâce à la convention nationale étudiante. Mais lorsqu’on m’a appris que le livre étudié serait l’Apocalypse, cela m’a intimidé parce qu’il semble difficile à lire. On nous a invités à une formation en trois volets pour 50 responsables d’études bibliques. Pendant la première session, nous avons voyagé dans ce livre énigmatique ; dans la deuxième, nous avons participé à une étude biblique en ligne ; et durant la troisième, on nous a expliqué la méthodologie.

D’un texte intimidant, le livre de l’Apocalypse est devenu une lueur d’espoir dans les moments d’incertitude. J’ai beaucoup aimé me mettre à la place des personnages et, dans un sens, je me suis identifié à eux. En tant qu’étudiant, j’aime tout avoir à portée de main et sous contrôle, mais j’avais perdu de vue le besoin vital d’aimer Jésus profondément.

J’ai grandi dans mon amour pour le Seigneur car j’ai vu que Jésus était avec nous dans ces nouvelles circonstances. Cette formation était essentielle ; nous avons reçu des aides visuelles et un guide pour gérer le temps, ainsi que des outils pour enseigner.

A ce moment-là, presque aucun d’entre nous n’avait l’habitude d’utiliser Zoom, mais ils ont fait un effort. Même s’il s’agissait d’un appel longue distance, nous nous sentions bien parce que nous étions rassemblés autour de la Bible. Nous avions tous peur d’étudier l’Apocalypse et besoin d’espoir ; Dieu nous l’a donné à travers cet étrange livre. C’était génial parce que cette formation s’est révélée être une vraie introduction pour développer notre mission en ligne pendant ces semestres. Dieu est assis sur son trône, et il nous a surpris au milieu de ces temps incertains en nous donnant confiance et espérance.

Zuriel Castro / Gestion des affaires / COMPA Mexique

Renouvelé par la Parole de Dieu

Quand j’ai participé au webinaire de l’Interaction avec les Écritures de l’IFES (La Parole au centre : « Les difficultés de la vie et le Dieu sur la croix ») au moment où le monde entier était terrorisé par une pandémie, nos vies manquaient aussi d’espérance. Je faisais très attention à ma famille : ma mère, mon épouse et nos deux filles, âgées de sept et deux ans et demi. On aurait dit la fin du monde : les églises étaient fermées, pas d’études bibliques ni de rassemblements religieux. En même temps, il y avait tellement d’occasions d’en apprendre plus sur la Parole de Dieu. Le webinaire de l’Interaction avec les Écritures fut l’une d’entre elles.

Quand Yohan Abeynaike du Sri Lanka a conduit ces études, je me suis senti réconforté en me disant qu’en dehors de Dieu, rien n’est éternel. La pandémie prendrait fin ; et si elle n’est pas un sujet de joie pour nous, en même temps, on voit que Dieu souffre aussi et que, en lui, on trouve la consolation. Comme nous souffrons, notre Dieu a aussi souffert sur la croix. Ces études bibliques m’ont rappelé que notre Dieu est un Dieu de pardon, et qu’il nous invite à le recevoir de sa main. Je peux voir l’accomplissement de sa promesse dans ma vie : il ne me quittera ou ne m’abandonnera jamais en raison de ce que Jésus-Christ a fait pour payer mes péchés. J’ai senti la protection et la générosité de Dieu dans ma vie et ma famille.

A travers ces webinaires, j’ai découvert que j’étais le fils de Dieu, pas un esclave. Si je me perds et me préoccupe des choses de ce monde, il est toujours possible de revenir à lui et de voir qu’il est prêt à m’accepter. J’ai compris que Dieu avait le pouvoir de renouveler toutes choses dans notre vie, comme il l’avait fait dans ce monde. Il a ravivé les Écritures dans ma vie, et sa vision en moi ; les relations dans ma famille ont trouvé un nouveau souffle quand j’ai partagé toutes ces découvertes de la Parole de Dieu aux autres.

Ma croissance à travers ce webinaire de l’Interaction avec les Écritures a été une source de motivation pour le travail missionnaire dans mes cercles via les réseaux sociaux. J’ai partagé à mes amis non chrétienne les choses qui avaient été enseignées, et j’ai constaté que leur point de vue sur cette pandémie avait changé. J’ai été renouvelé dans mon obéissance en me rappelant que Dieu m’avait confié une mission : annoncer sa Parole dans toutes les nations, tribus et groupes ethniques.

Khurram Younis
Équipier du PFES au Pakistan

Écouter les questions autour de nous


Photo by John-Mark Smith on Unsplash

Quels genres de questions sont posés dans une période comme celle-ci ? Ci-dessous, vous pouvez voir l’un des exercices possibles pour mettre en lumière ces questions quand j’y prête attention dans mon contexte. Ce pourrait être un bon exercice si vous tentiez également d’identifier celles qui sont soulevées dans le vôtre. Comment le récit biblique nous aide-t-il à interagir avec ces questions, et à y répondre ?

  1. Questions concernant l’humanité

a. En cette période, les questions concernant la supériorité humaine et le niveau de contrôle que nous avons sur nos vies se trouvent sur le devant de la scène. Nous avons dû accepter nos limites, notre vulnérabilité en tant que créatures et l’incertitude/l’imprévisibilité de la vie humaine. Cela nous mène également à d’autres questions sur le sens et le but de la vie humaine.
b. Au sein de notre isolation sociale forcée, les récits de notre société sur l’individualisme humain et nos styles de vie autonomes et autosuffisants ont été mis en évidence. Notre besoin de l’autre et la valeur de la communauté ont été rehaussés, montrant que nous sommes par nature des êtres sociaux, et non des créatures autonomes. L’appel à utiliser le terme distanciation « physique », par opposition à la distanciation « sociale », en est un autre exemple.


  1. Questions concernant la théologie, les disciplines et la communauté chrétiennes

a. L’église en ligne – De par nos rencontres en ligne, nous avons également dû nous interroger sur le sens de l’église. Est-ce que quelque chose nous manque lorsque nous nous réunissons en ligne ? Un aspect de la vie de l’église a-t-il été mis en valeur ?
b. Notre façon de lire l’Écriture – A-t-il fallu revoir ce que nous entendions par la protection et la sécurité de Dieu ? Une pandémie signifie-t-elle que le retour de Dieu est imminent, ou bien existe-t-il d’autres manières de considérer l’eschatologie ?
c. Les pratiques chrétiennes oubliées – Avons-nous négligé certaines formes de disciplines chrétiennes (p. ex. la lamentation) dans notre vie d’église ? Pourquoi et à quel prix ? Quelle est la relation entre le doute et la foi ?
d. Approfondir notre théologie – Comment conjuguer la bonté de Dieu avec la présence du mal et de la souffrance dans le monde ? Notre recherche collective d’un vaccin montre-t-elle une plus grande dépendance envers la science qu’envers Dieu ?

  1. Questions concernant les sociétés où nous vivons

a. Les effets de la pandémie – Si la pandémie ne fait pas de discrimination, affecte-t-elle certaines parties de notre société de façon disproportionnée ? Qu’est-ce que cela révèle sur les disparités dans notre société ?
b. Les problématiques cachées – Dans nos sociétés, quelles problématiques ont fait surface durant cette période ? (p. ex. les violences domestiques, la discrimination/stigmatisation raciale et ethnique)
c. Le leadership en crise – Quelle note donneriez-vous à ceux qui gouvernent votre société ? Quels composants clés du leadership ont manqué ? Comment ont-ils utilisé la pandémie à leurs propres fins politiques ?
d. Questions concernant les valeurs – Qu’est-ce que la pandémie a révélé sur le système de valeurs dans notre société ? Nous a-t-il fallu dépendre de portions de notre société que nous négligeons habituellement ? (p. ex. les vigiles, les éboueurs, les livreurs, les inspecteurs de la santé publique, etc.)
e. Questions concernant la structure de notre société – Avons-nous exclu l’environnement/les créatures non humaines de nos discussions touchant à la construction/au développement de la société ? Quelles limites sommes-nous prêts à nous mettre afin de vivre en meilleure harmonie avec le reste de la création ? Quels modèles sociaux/économiques doivent être questionnés ? Faut-il lancer un autre mouvement de Jubilé appelant à un moratoire sur la dette nationale ?

Yohan Abeynaike, SG FOCUS Sri Lanka

L’Interaction avec les Écritures & le contexte

Photo by Kyle Glenn on Unsplash

Dieu est un Dieu qui se révèle ; sa Parole est la révélation de sa personne et de ses plans pour son monde. Le fait que Dieu nous invite à le rencontrer, à le connaître et à l’aimer à travers les Écritures est merveilleux ! Tandis que nous répondons à cette invitation et interagissons avec lui par sa Parole, il est utile de reconnaître que nous sommes issus de divers peuples, époques et contextes. La façon dont nous approchons, considérons, interprétons, comprenons et relions sa Parole à nos vies est une question qu’il nous faut aborder avec foi et fidélité.

Considérez Actes 3.12-26 et 17.22-31 comme des exemples typiques d’une situation où le contexte et les questions des personnes sont pris au sérieux dans l’annonce de la bonne nouvelle.

Quand le groupe de travail s’est réuni pour réfléchir et discuter de ce sujet, nous avons pensé qu’il était important de se concentrer sur la façon dont notre contexte contemporain affecte la manière dont nous lisons, interprétons et mettons la Parole de Dieu en pratique. Nous le faisons dans la grande diversité de contextes dont nous venons, et où nous cherchons à être fidèles au Seigneur, « exposant avec droiture la parole de vérité » (2 Timothée 2.15) alors que Dieu transforme nos pensées, nos paroles et notre attitude à travers sa Parole et par son Esprit.

En encourageant une réflexion et un échange croissants au sein de notre union mondiale sur « l’Interaction avec les Écritures & le contexte », nous espérons mieux reconnaître nos angles morts : ces choses concernant Dieu, ses desseins ou nous-mêmes que nous ne voyons pas à cause du milieu où nous vivons/avons grandis. A travers l’apprentissage mutuel dans notre union, nous espérons éviter certains risques : une herméneutique sélective, déterminée par des questions définies par la culture, conduisant à l’ethnocentrisme et au relativisme ; ou un « emprisonnement »/des préjugés culturels menant à une mauvaise lecture des Écritures, allant jusqu’à en omettre des parties qui ne semblent pas pertinentes (à nos propres yeux). Pour un exemple extrême, voyez ce que le roi Jojakim a fait en Jérémie 36 !

Nous croyons qu’il est important de grandir dans notre manière d’interagir avec les Écritures selon nos époques et contextes, tout en devenant de plus en plus sensibles à la façon dont la Parole « lit » et interagit avec nous. Alors que nous lisons et « sommes lus », tandis que nous participons, Dieu nous transforme, ainsi que notre contexte/communauté.

Quand nous interagissons avec la Parole, nous croyons que c’est avec Dieu lui-même que nous interagissons dans les Écritures, avec Jésus, la parole vivante. On peut donc s’attendre à ce qu’il interagisse avec nous, une expérience qui nous changera à jamais, de même que nos communautés.

Nos différents contextes soulèvent diverses questions auxquelles nous devrions être attentifs dans notre interaction avec les Écritures. En même temps, la Parole de Dieu soulève souvent d’autres questions, ou donne des réponses auxquelles on ne s’attendait pas. L’Écriture révèle des plans et pose des questions que les gens ne soulèvent peut-être pas. En conséquence, interagir avec la Parole dérangera, interrogera et mettra souvent au défi ce qui est parfaitement accepté dans notre contexte.

Le lecteur de la Parole est donc non seulement mis au défi et transformé personnellement, mais aussi mis au défi de devenir acteur du changement et de la transformation dans le contexte et la communauté où il se trouve.

En fin de compte, quand nous nous consacrons sérieusement à l’étude de la Parole, cela devrait nous mener à découvrir le cœur et la pensée de Dieu pour notre monde : le Seigneur est un missionnaire qui transforme et réconcilie le monde avec lui-même par le Christ.

Nous prions que, lorsque nous faisons attention au contexte contemporain où nous vivons tous, nous grandissions pour devenir une meilleure communauté mondiale d’un point de vue herméneutique, qui apprend les uns des autres et rend fidèlement témoignage au Seigneur à travers le monde, selon chacun de nos contextes.

Coordinateur de l’Interaction avec les Écritures de l’IFES Eurasie (anonyme car dans un pays sensible) et Ricardo Borges (Secrétaire associé pour l’Interaction avec les Écritures)

Inspirer de l’amour pour l’Ancien Testament

Rencontrer Dieu dans les paroles anciennes, lors d’un voyage, en tant que communauté éparpillée…

Deutéronome 8:3 « …l’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole prononcée par l’Eternel. »

Le voyage à travers Deutéronome :

Au cours de cette dernière année, un groupe de 10 membres du personnel dirigeant en Eurasie prirent part à un voyage à travers le livre de Deutéronome. Ce projet pilote vit le jour à cause de deux besoins observés qui trouveront peut-être aussi écho chez vous :

  1. Le besoin éprouvé par le personnel dirigeant de recevoir eux-mêmes un apport et de l’inspiration de la Parole de Dieu ; en effet, ce sont normalement eux qui donnent et qui forment les autres. Nous avons tous besoin de continuer à croître dans notre relation avec Dieu et dans notre connaissance de Lui et notre amour pour Lui.
  2. Le besoin des étudiants de rencontrer Dieu dans l’ensemble des Écritures, y compris l’Ancien Testament. La confusion, la crainte et parfois un manque d’enseignement peuvent mener au sentiment que l’Ancien Testament est distant, voire dépourvu d’intérêt pour le monde d’aujourd’hui, alors qu’en réalité il comporte les Saintes Écritures qui « peuvent te donner la vraie sagesse, qui conduit au salut… ».
    En tant que personnel et étudiants, nous voulons et avons besoin de grandir en assurance dans la lecture, la compréhension et l’enseignement de l’Ancien Testament.

Le Voyage à travers Deutéronome fut conçu pour permettre à un groupe de pairs de cheminer ensemble et d’apprendre les uns des autres. Nous voulions approfondir notre connaissance d’un livre de l’Ancien Testament afin de nous servir d’ouverture sur le reste des Écritures. Nous luttâmes avec le Dieu que nous y rencontrâmes, nous cheminâmes avec ce Dieu qui secourut Son peuple et le mena à travers le désert. Nous nous émerveillâmes devant les paroles qu’Il donna à Son peuple pour instruire à celui-ci comment vivre (la loi qui parlait de Lui et qui rendit ce peuple unique dans le monde) et devant le don de Lui-même !

Mis à part une rencontre en personne au début et à la fin de l’année, nous nous réunissions tous les mois sur Zoom. Ces appels Zoom s’appuyaient sur des réponses écrites (que nous partagions avec les autres) aux chapitres de Deutéronome que nous avions lu au cours du mois. Celles-ci allaient d’une mini-dissertation à une lettre à un ami ou encore des séances créatives pour les étudiants. Les rencontres virtuelles n’étaient pas toujours faciles mais le fait de se rassembler avec nos différentes cultures nous permit d’être enrichis par les différentes perspectives. Ensemble, nous étudiâmes ce livre difficile avec ses parties historiques, la loi, de la poésie et son appel à une vie radicale en tant que disciples qui suivent le Seul et Véritable Dieu Vivant.

Ce que disent les participants :

« Poser les questions difficiles et voir comment nous pourrions y répondre était bénéfique. Cela a fortifié ma foi… »

« Ce projet m’a encouragé à aider les étudiants à apprécier l’Ancien Testament, la vision d’ensemble des Écritures, pour que nous puissions ensemble apprendre à connaître ce Dieu d’amour, miséricordieux, qui est révélé à travers toute la Bible… »

Deutéronome 32:47 « Car ce n’est pas une parole sans importance pour vous ; d’elle dépend votre vie même » !

Coordinateur de l’Interaction avec les Écritures de l’IFES Eurasie (anonyme car dans un pays sensible)

La Bible et la santé mentale

Imaginez que votre amie vous dit qu’elle veut se donner la mort, ce soir même. Imaginez le désespoir que vous voyez dans son regard. C’est certain : elle ne veut plus continuer à vivre. Le silence remplit la pièce. Que dîtes-vous ? Que pouvez-vous faire ?

La Nouvelle-Zélande a un taux de suicide très élevé chez les jeunes. Il est deux fois plus élevé que celui des États-Unis et cinq fois celui de la Grande-Bretagne. Pour de nombreux étudiants, le scénario ci-dessus n’est pas fictif mais reprend une conversation qu’ils ont vécue. 

Cette réalité m’est devenue apparente alors que je formais les étudiants à l’évangélisation l’année passée. Au fur et à mesure que nous étudions le contenu de l’Évangile et comment le partager, je remarquai leur incertitude sur comment interagir avec leurs amis qui souffraient de dépression et d’anxiété. Ils voyaient l’importance de les soutenir dans leur souffrance mais était-ce vraiment de l’Évangile qu’ils avaient alors besoin ? Comment pouvait-il être une bonne nouvelle pour eux ? 

J’ai compris qu’il existait donc deux besoins. Premièrement, les étudiants ont besoin de développer un « filtre chrétien » basé sur la Bible qui changerait leur regard sur les maladies mentales. Deuxièmement, les étudiants doivent aussi comprendre ce que sont l’anxiété et la dépression et comment elles se manifestent. Cela leur permettra d’être plus efficaces dans leur amour pour les personnes qui les entourent et dans le partage de l’Évangile avec celles-ci, pour la gloire de Dieu. Ainsi fut né l’événement de formation « La Bible et la santé mentale ».

Tim Capill, un pasteur de Christchurch, vint nous proposer un aperçu biblique sur l’origine et la solution de notre souffrance. À partir du Psaume 139, il partagea aussi six vérités sur Dieu auxquelles nous pouvons nous accrocher dans notre souffrance. Ce fut un excellent message qui nous donna un cadre pour comprendre la souffrance et, surtout, comment faire confiance à Dieu dans la dépression et l’anxiété. 

Dana Lee, une psychologue chrétienne spécialiste de la jeunesse et du traumatisme, anima deux séminaires qui se penchèrent sur la manifestation de la dépression clinique et de l’anxiété. Nous nous exerçâmes en binômes à l’aide de scénarios avec pour objectif principal d’améliorer notre capacité d’écoute. 

La participation fut formidable : plus de 50 étudiants vinrent pour apprendre. En tant qu’organisatrice, je fus encouragée de voir que ces étudiants ont désormais une meilleure compréhension et plus de compassion pour ceux qui souffrent de dépression et d’anxiété. Ils sont aussi plus assurés que le plus grand besoin de leurs amis concernés est le même que pour tous les autres : l’Évangile de Jésus-Christ. 

Candy Grice, équipière au sein de TSCF Nouvelle-Zélande

CandyG@tscf.org.nzLecture recommandée (par Sabine Kalthoff, Secrétaire de l’IFES pour l’Interaction avec les Écritures) : Mark Meynell, When Darkness seems my Closest Friend – Reflections on life and ministry with depression (en anglais). L’histoire franche d’un cheminement personnel avec des réflexions générales d’une grande utilité. Un livre qui mérite d’être lu.